11 juillet 2021-11 juillet 2025 : Quatre ans déjà depuis la mort du cardinal Laurent Monsengwo

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Quatre ans se sont écoulés depuis le décès du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, survenu le 11 juillet 2021 à Paris. Pourtant, sa voix continue de résonner avec force dans l’imaginaire collectif congolais. Figure emblématique de l’Église catholique, artisan de la transition démocratique et infatigable défenseur des droits humains, Monsengwo demeure une conscience morale incontournable de la République démocratique du Congo.

Né en 1939 dans le Mai-Ndombe, au sein d’une famille de chefs coutumiers sakata, il fut ordonné prêtre en 1963 et évêque en 1980. Titulaire d’un doctorat en sciences bibliques, il est le premier Africain à accéder à ce niveau académique dans ce domaine. Érudit, polyglotte — il maîtrisait quatorze langues —, il représentera l’Afrique au sein du cercle restreint des cardinaux appelés à conseiller le pape François pour la réforme de la Curie romaine.

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Mais au-delà des titres, c’est son courage et son intégrité qui ont marqué l’histoire.

Une voix qui dérangeait

« Que les médiocres dégagent ! » Cette phrase, lancée au lendemain de la sanglante répression de la marche du 31 décembre 2017, est restée gravée dans la mémoire des Congolais. Elle illustre la parole libre du cardinal, qui n’a jamais hésité à interpeller les régimes successifs, de Mobutu à Joseph Kabila, lorsqu’ils trahissaient les aspirations du peuple.

Durant la transition démocratique des années 1990, Monsengwo s’impose comme un acteur central du changement. Il préside la Conférence nationale souveraine, incarne l’autorité morale du Haut Conseil de la République et milite pour un nouvel ordre politique fondé sur le respect des droits et des libertés fondamentales.

« Un homme d’Église ne peut se taire quand son peuple souffre », affirmait-il, refusant de rester spectateur face aux injustices et à la mauvaise gouvernance.

Une Église debout, une nation en quête de justice

À l’instar de son prédécesseur, le cardinal Joseph-Albert Malula, Monsengwo incarna une Église debout, engagée aux côtés du peuple. Pour Donatien Nshole, actuel secrétaire général de la CENCO et l’un de ses disciples, c’est « sa personnalité, en plus de son héritage, qui a fait de lui une figure incontournable ».

Son combat pour une politique éthique ne relevait pas d’une ambition partisane, mais d’une exigence morale : « Nous ne faisons pas de politique politicienne, mais nous avons le devoir de parler quand l’homme est humilié. »

Une charité discrète, un engagement profond

Derrière la stature du prélat et de l’intellectuel, subsistait aussi un homme de compassion. Lors de ses obsèques en 2021, plusieurs témoignages ont révélé sa générosité silencieuse : bourses d’études, aides aux familles vulnérables, soutiens anonymes aux plus démunis. « Il ne le faisait pas pour l’Église, il le faisait pour Dieu », confia une proche.

Un modèle toujours d’actualité

Alors que la RDC traverse une nouvelle séquence politique marquée par des incertitudes et des tensions sécuritaires, l’absence de figures aussi fortes que le cardinal Monsengwo se fait cruellement sentir. Son appel constant à la justice, à la vérité et au bien commun reste plus que jamais pertinent.

Il avait pour habitude de dire qu’il fallait « tendre la corde sans qu’elle ne casse ». Une métaphore qui résume sa posture : ferme mais mesurée, spirituelle mais ancrée dans les réalités du pays, toujours en quête d’un équilibre entre l’Église et la République.

Quatre ans après sa mort, Laurent Monsengwo Pasinya demeure non seulement un repère pour les croyants, mais aussi un guide moral pour l’ensemble de la nation congolaise.

Gilbert Ngonga

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