Le 31 décembre 2016, il y a exactement huit ans, le régime de Joseph Kabila et l’opposition politique congolaise signaient un accord historique, connu sous le nom d’accord de la Saint-Sylvestre. Cet accord, conclu sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), visait à sortir la République démocratique du Congo (RDC) d’une crise politique sans précédent.
À l’époque, Joseph Kabila, soupçonné de vouloir s’éterniser au pouvoir en tentant d’obtenir un troisième mandat inconstitutionnel, accepta de dialoguer avec ses adversaires politiques. L’accord prévoyait la mise en place d’un gouvernement de large ouverture nationale, regroupant des forces politiques et sociales représentatives.
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Grâce à cette médiation, une transition politique en douceur avait été rendue possible, permettant à Kabila de prolonger son mandat de deux ans après son expiration constitutionnelle en décembre 2016. Bien que l’accord ait initialement fixé les élections à la fin de l’année 2017, elles furent finalement repoussées à décembre 2018. Ce processus permit d’éviter une crise majeure et aboutit à la première alternance pacifique au sommet de l’État, avec la passation du pouvoir à Félix Tshisekedi le 24 janvier 2019.
Un risque de retour aux tensions d’antan
Huit ans plus tard, la RDC semble être confrontée à des tensions politiques similaires, cette fois sous la présidence de Félix Tshisekedi. Les relations entre le pouvoir et l’opposition se sont considérablement détériorées. Les discours provocateurs du chef de l’État à l’encontre de ses adversaires politiques, qualifiés de tous les noms, et son projet controversé de réforme constitutionnelle ont amplifié les divisions.
Félix Tshisekedi demeure inflexible sur ce projet de révision constitutionnelle, malgré les vives critiques de l’opposition. « Qui vivra verra », a averti Moïse Katumbi, l’un des principaux leaders de l’opposition, bien décidé à s’opposer fermement à ce qu’il perçoit comme des velléités autoritaires.
Cette situation de bras de fer politique rappelle dangereusement la période 2015-2018 sous Kabila. Les risques d’un basculement vers une crise politique majeure sont bien réels, et une nouvelle médiation, possiblement menée par la CENCO, pourrait s’imposer pour éviter que le pays ne sombre dans le chaos.
Alors que la RDC célèbre les huit ans de l’accord de la Saint-Sylvestre, une question s’impose : le pays est-il condamné à revivre les mêmes cycles de tensions politiques ? Seul l’avenir le dira.
Charles Mapinduzi
