À l’approche de la rencontre de Washington, un vif débat agite la scène politique congolaise. Contrairement à ce que pensent de nombreux citoyens, le rendez-vous du 4 décembre ne vise pas la signature d’un nouvel accord de paix entre la RDC et le Rwanda. Selon une mise au point publiée sur X par l’analyste congolais Bola Frédéric, l’accord de paix a déjà été signé le 27 juin 2025. Ce qui se prépare aujourd’hui est d’une autre nature : la validation du Cadre d’Intégration Économique Régionale (CIER), un document programmé depuis plusieurs mois.
Ce texte constitue la mise en œuvre du point 6 de l’accord de paix conclu en juin. Les équipes techniques de Kinshasa et Kigali l’ont paraphé le 1er août 2025, ouvrant la voie à sa signature officielle. Du côté rwandais, la procédure ne pose aucun problème : Paul Kagame avait obtenu l’autorisation de son Parlement avant de ratifier l’accord de juin, conformément à la Constitution du Rwanda. Il appose donc sa signature sur le CIER en toute légalité, avec un mandat clair et validé par ses institutions.
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La situation apparaît toutefois plus complexe en RDC. D’après Bola Frédéric, le président Félix Tshisekedi se prépare à signer ce nouvel engagement international sans avoir fait ratifier l’accord de paix de juin et sans l’autorisation préalable du Parlement, comme l’exigent pourtant les articles 213 et 214 de la Constitution congolaise. Une telle démarche ferait du CIER un accord signé sans l’aval du peuple congolais, représenté par ses institutions.
Cette zone d’ombre juridique crée un sérieux malaise politique. Pour de nombreux observateurs, un engagement international structurant — surtout dans un contexte de tensions persistantes dans l’Est — ne peut être décidé seul par le chef de l’État. Ils estiment que la légitimité d’un accord passe par la transparence institutionnelle et le respect de la procédure constitutionnelle.
Charles Mapinduzi
