Adresse de Joseph Kabila à la nation : Les activistes des droits de l’homme dénoncent un discours non républicain et rappellent les bavures de son régime

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L’adresse à la nation de l’ancien Président de la République Démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, ce vendredi 23 mai, suscite de vives réactions parmi les Congolais, notamment chez les activistes des droits de l’homme.

Pour l’activiste Carbone Beni, l’ancien président a énoncé plusieurs contre-vérités dans son discours, allant jusqu’à enjoliver son bilan en matière de gouvernance.

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« J’ai suivi avec attention le discours de l’ancien Président Kabila. Il a décidé de briser le silence, c’est une bonne chose ! Mais en le faisant, il a préféré proférer de nombreuses contre-vérités et a même falsifié l’histoire en s’attribuant un rôle élogieux dans la gouvernance publique », a-t-il écrit sur son compte X.

Cet activiste, qui a à plusieurs reprises dénoncé la mauvaise gestion du régime Kabila par des manifestations, estime que les critiques formulées par Joseph Kabila à l’endroit du régime actuel reflètent en réalité sa propre gestion lorsqu’il était au pouvoir.

« L’erreur, dans tout cela, est de croire que le peuple entier est amnésique et qu’on peut le tromper tout le temps. Non ! La quasi-totalité des dénonciations faites par l’ancien président Kabila renvoient également à son propre régime. Le problème, c’est qu’en son temps, il s’en glorifiait, tout comme le fait le régime actuel. Nous tournons en rond en RDC. Il est temps de faire régner l’ordre ! », affirme-t-il.

Carbone Beni souligne également :

« Un discours républicain est celui qui défend sa patrie. Tout discours de soutien aux agresseurs contre nos forces armées est un discours politicien aux visées subversives ! »

Une position partagée par maître Jean-Claude Katende, coordonnateur de l’Association Africaine des Droits de l’Homme (ASADHO), qui a tweeté : « Le discours du président Kabila de ce soir n’a vraiment rien de républicain. »

De son côté, l’activiste Firmin Yangambi déclare :

« J’ai combattu Kabila et son système, qui ont fini par m’accuser de tentative de renversement de leur régime par les armes. Condamné à mort, j’ai perdu dix ans de ma vie pour la patrie. Ma douleur est double aujourd’hui, en voyant cet individu donner des leçons, même justifiées, à Tshisekedi. »

Dans son discours, Joseph Kabila a dénoncé les bavures du pouvoir actuel à Kinshasa, notamment la dictature, le tribalisme, les détournements de fonds et une gestion chaotique. Toutefois, l’autorité morale du Front Commun pour le Congo n’a pas condamné les massacres survenus à Goma et Bukavu, où plusieurs Congolais ont été tués par les rebelles du M23-AFC.

Bienvenu Musoy

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