La rébellion du M23 poursuit depuis plusieurs jours son retrait dans le territoire de Lubero au Nord-Kivu, sans qu’aucune explication officielle ne soit donnée sur les motivations de ce désengagement. À Alimbongo, dans le secteur centre, de nombreux combattants venus des villages du nord et du nord-est se sont progressivement regroupés, en attendant leur évacuation, apprend-on des sources locales. Sur place, la population observe la situation avec beaucoup d’incertitudes : si certains habitants expriment leur soulagement de voir les rebelles quitter leurs localités, d’autres restent méfiants, craignant un simple repositionnement stratégique.
Des véhicules en provenance de Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, traversent régulièrement Kanyabayonga, souvent pendant la nuit, pour récupérer ces éléments, ce qui renforce l’impression d’un retrait organisé mais mené avec discrétion. Malgré ces mouvements visibles, la situation reste encore confuse et partiellement bloquée sur le plan logistique. Selon plusieurs sources locales, du matériel militaire important, notamment des armes lourdes, serait immobilisé entre Kitsombiro et Alimbongo à cause du mauvais état de la route.
Cette contrainte expliquerait la présence prolongée de certains combattants dans la zone, en attendant leur évacuation complète. Pendant ce temps, les groupes d’autodéfense Wazalendo occupent sans affrontement les villages abandonnés par le M23. Ces derniers disent attendre le retour des autorités administratives et des forces de défense congolaises pour rétablir l’ordre. Cette évolution donne l’impression d’un changement en cours, mais elle reste fragile et dépend encore de plusieurs facteurs, notamment sécuritaires et politiques.
Face à l’incertitude, le gouverneur militaire du Nord-Kivu a appelé au calme : « J’appelle la population au calme et à observer le retrait effectif des troupes rwandaises du territoire congolais, dans le cadre de l’exécution des accords de paix, notamment ceux issus du processus de Washington ».
Le Gouverneur a également rassuré sur la situation sécuritaire globale, en précisant que les troupes ougandaises (UPDF), bien qu’annonçant un retrait imminent de certaines positions, restent engagées aux côtés des FARDC dans la lutte contre les rebelles ADF. Malgré ces assurances, l’absence d’informations claires sur les raisons exactes de ce retrait suscitent des interrogations et laissent la population dans une attente quant à l’évolution réelle de la situation sur le terrain.
Jean Ngaviro
