La marche organisée ce vendredi 15 mai contre la montée de l’insécurité dans la commune de N’djili, dans l’est de Kinshasa, a été dispersée par les éléments de la Police nationale congolaise. Des tirs de sommation et des gaz lacrymogènes ont été signalés sur l’avenue Kumbi, au quartier 13, sur le boulevard Maître Croquet, où plusieurs habitants s’étaient rassemblés pour dénoncer la recrudescence de la criminalité ainsi que l’inaction des forces de l’ordre. Les manifestants ont également mis en cause la gestion du bourgmestre Papy Mbomba Ngaliema face aux nombreux cas de braquages enregistrés dans cette municipalité.
Sur place, plusieurs habitants ont exprimé leur colère face à la situation sécuritaire qui prévaut dans la commune.
« Ils veulent qu’on se taise face à cette situation, mais nous allons marcher. Chaque jour à N’djili, des hommes armés attaquent des domiciles et la Police n’intervient même pas », a déclaré une manifestante.
À la place Sainte-Thérèse, d’autres habitants ont dénoncé le comportement des forces de l’ordre, estimant que la même énergie utilisée pour disperser la foule devrait servir à traquer les criminels qui terrorisent la population chaque nuit.
Selon plusieurs témoins, seuls les membres de la Force du progrès, mouvement de jeunes affilié à l’UDPS, ont pu manifester pour soutenir le bourgmestre. Des arrestations auraient également été enregistrées, sans qu’aucun bilan officiel ne soit communiqué jusque-là. Pendant ce temps, deux domiciles auraient encore été attaqués par des hommes armés dans la nuit de vendredi au quartier 13. Face à cette insécurité persistante, la population de N’djili s’interroge sur l’efficacité des différents postes de Police installés dans la commune.
Blanchi Lungala M