Deux ans se sont écoulés ce samedi 30 août depuis la répression violente des fidèles de la secte « Foi naturelle messianique judaïque pour les nations », dite Wazalendo, en ville de Goma (Nord-Kivu), qui a fait une centaine de morts. Depuis lors, malgré l’interpellation de certains officiers accusés d’être impliqués dans ce carnage, les autorités congolaises, ainsi que la communauté internationale, ne se sont jamais réellement penchées sur ce dossier. Les familles des victimes ont maintenu leurs revendications sans jamais obtenir gain de cause.
Le 30 août 2023, des éléments de la Garde républicaine avaient investi les installations de la secte Wazalendo, qui avait annoncé et prévu une manifestation contre la présence de la mission onusienne en RDC. Les autorités locales n’avaient pas pris acte de cette organisation. Vers 3 heures du matin, ces unités spéciales de l’armée congolaise, dirigées par le major Peter Kabwe, ont pris d’assaut la radio de la secte, tuant au moins six civils et arrêtant douze autres, dont Bisimwa, le leader du mouvement. Puis, vers 6 heures, d’autres unités ont ciblé le temple de la secte et ouvert le feu sur des fidèles armés de bâtons et de quelques armes blanches.
À l’issue d’une descente sur le terrain, les autorités congolaises avaient établi un bilan de 56 morts, tandis que l’ONU évoquait au moins 102 victimes : 90 hommes, 8 femmes et 4 garçons, ainsi que 80 blessés et au moins 10 disparus. Les acteurs de la société civile locale avaient, eux, dressé un bilan proche de 200 morts, arguant que les militaires avaient effacé certaines preuves pour dissimuler l’ampleur du massacre.
Face à ce drame, les autorités nationales s’étaient déplacées sur les lieux. Le lieutenant-général Constant Ndima, alors gouverneur, avait été remplacé, tandis que le colonel Mike Mikombe, commandant local de la Garde républicaine, avait été condamné à mort. De nombreux adeptes ayant survécu, dont leur leader, avaient été emprisonnés à Goma avant de s’évader lors de la chute de la ville aux mains du M23. Malgré la gravité de la situation et la condamnation de certains militaires, le gouvernement congolais ne s’est jamais véritablement impliqué dans ce dossier, qui avait profondément secoué le pays.
Charles Mapinduzi