Alors que Kinshasa mise sur les processus de paix en cours à Doha et à Washington pour obtenir la fin de l’agression dans l’Est de la RDC, le chef d’état-major général de l’armée ougandaise, Muhoozi Kainerugaba, appelle à privilégier les solutions locales. Dans une publication sur X datant du jeudi dernier, l’officier supérieur estime que seules des négociations régionales peuvent produire des résultats durables. « La région des Grands Lacs n’a absolument plus besoin de photos dans les capitales occidentales. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un véritable accord de paix à Kampala, Kigali ou Kinshasa », a-t-il écrit, ajoutant que « le Qatar ou les États-Unis ne peuvent pas décider pour neuf pays africains voisins de la RDC ».
Ces déclarations, qui interviennent alors que les tensions demeurent vives autour de l’activisme du M23, ravivent les craintes à Kinshasa. Muhoozi Kainerugaba, connu pour ses prises de position controversées et sa proximité avec le régime rwandais, avait par le passé émis des messages énigmatiques avant la prise de Bunagana, Goma et Bukavu par les rebelles. Ces précédents nourrissent les soupçons quant à l’intention réelle de ses publications, certains y voyant une tentative de discréditer les initiatives diplomatiques internationales.
En République démocratique du Congo, ces sorties médiatiques sont perçues comme des signaux inquiétants, au moment où la communauté internationale tente de relancer les négociations pour une désescalade régionale. Le gouvernement congolais continue toutefois de défendre les démarches en cours à Washington et à Doha, tout en réaffirmant son attachement à une solution qui inclut les pays membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).
Charles Mapinduzi