Candidats uniques à l’Assemblée nationale : quand les moyens de l’État financent un vote aux résultats déjà connus

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À quelques jours de l’élection des postes vacants du Bureau de l’Assemblée nationale, la scène politique congolaise s’interroge sur la pertinence même de ce scrutin. Selon les dernières informations officielles, seules deux candidatures ont été validées : Aimé Boji Sangara pour la présidence et Clotilde Mutita pour le poste de rapporteur adjoint. Les autres prétendants, notamment Christelle Vuanga et Gracien Iracan, ont été écartés sans qu’aucune explication publique ne soit fournie. Cette configuration transforme le scrutin prévu le 13 novembre en une simple formalité, laissant planer un doute sur la sincérité du processus démocratique et sur l’usage justifié des moyens de l’État.

Pour Aimé Boji, ancien ministre du Budget et proche du chef de l’État, la voie est désormais totalement dégagée. Son élection ne présente aucun suspense et semble illustrer un contrôle strict de la coalition au pouvoir sur les postes stratégiques de l’institution. Même scénario pour Clotilde Mutita, seule candidate officiellement soutenue par son groupe parlementaire pour la vice-présidence technique. Ce verrouillage des candidatures soulève une question fondamentale : pourquoi mobiliser des ressources publiques pour un vote dont le résultat est déjà connu ?

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Le gaspillage paraît d’autant plus flagrant que le pays traverse une période de crise aiguë, avec des secteurs vitaux tels que la sécurité, la santé, l’éducation ou encore les infrastructures qui nécessitent des financements urgents. Organiser un scrutin sans enjeu, sécuriser le Palais du peuple, mobiliser du personnel électoral et des moyens logistiques pour un exercice purement symbolique revient à détourner des ressources qui pourraient avoir un impact réel sur la vie quotidienne des Congolais. De telles pratiques ne font qu’alimenter la frustration et la défiance vis-à-vis des institutions et de la classe politique.

Au-delà du gaspillage, c’est la crédibilité même du processus électoral qui se trouve compromise. Une élection verrouillée, où les candidats uniques sont assurés d’être élus, fragilise la confiance des citoyens envers la démocratie. Dans un pays confronté à des défis sécuritaires, économiques et sociaux majeurs, les Congolais attendent de leurs dirigeants qu’ils orientent les moyens de l’État vers la satisfaction des besoins réels de la population, et non vers des scrutins dont l’issue est connue d’avance.

Charles Mapinduzi

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