Dans une lettre ouverte datée du 7 juillet 2026 et adressée au professeur Laurent Onyemba Djongandeke, le directeur des travaux au département des Sciences politiques et administratives de Université de Kinshasa, Dieudonné Nkishi Kazadi, soutient qu’un peuple souverain conserve, en toutes circonstances, le droit d’adopter une nouvelle Constitution. Son texte se veut une contribution au débat sur l’avenir de la Constitution du 18 février 2006.
L’universitaire estime que la Constitution ne constitue pas la source ultime de la souveraineté. Selon lui, celle-ci émane exclusivement du peuple, détenteur du pouvoir constituant originaire. Il affirme ainsi qu’aucune Constitution ne peut juridiquement empêcher le peuple de décider de mettre en place un nouvel ordre constitutionnel lorsqu’il l’estime nécessaire.
Accédez aux informations importantes avant tout le monde
S’appuyant sur plusieurs auteurs de référence, notamment Emmanuel Sieyès, Carl Schmitt, Hans Kelsen, Jean Bodin, Jean-Jacques Rousseau, Thomas Jefferson et Georges Burdeau, Dieudonné Nkishi Kazadi soutient que les limitations prévues par l’article 220 de la Constitution ne concernent que les pouvoirs constitués et le pouvoir de révision constitutionnelle. À ses yeux, ces restrictions ne sauraient s’appliquer au pouvoir constituant originaire exercé directement par le peuple.
Dans son argumentaire, il considère qu’admettre le contraire reviendrait à faire de la Constitution une autorité supérieure à son propre créateur. Il estime également qu’une génération ne peut priver définitivement les générations futures de la possibilité de redéfinir leur pacte politique, jugeant qu’une telle conception serait contraire aux principes démocratiques.
Abordant la question du référendum, le directeur des travaux rappelle que de nombreuses constitutions, y compris celle de la République démocratique du Congo de 2006, ont été adoptées par voie référendaire. Il s’interroge ainsi sur les raisons qui rendraient ce mécanisme légitime pour instaurer une Constitution, mais illégitime lorsqu’il s’agit d’en adopter une nouvelle.
En conclusion, Dieudonné Nkishi Kazadi affirme que le véritable débat ne porte pas uniquement sur la révision de certaines dispositions de la Constitution de 2006, mais sur la question fondamentale du droit du peuple souverain à se doter d’une nouvelle loi fondamentale. Il appelle à un débat fondé sur la science juridique plutôt que sur les considérations politiques, estimant que les autorités doivent disposer d’analyses doctrinales complètes pour éclairer leurs décisions.
Gilbert Ngonga
