Élu le 29 avril 2024 avec 37 voix sur 47, Daniel Bumba Lubaki incarnait l’espoir d’une capitale renaissante avec son slogan légendaire « Kinshasa ezo bonga ». Les Kinois attendaient des routes praticables, une sécurité renforcée et une ville digne de son statut. Deux ans plus tard, le constat est amer : embouteillages monstres, insalubrité chronique, insécurité galopante. Kinshasa s’est transformée en un chaos urbain où l’autorité provinciale semble impuissante. L’échec est patent, et la confiance populaire s’est effritée.
Tshisekedi reprend la main !
Face à cette débâcle, le président Félix Tshisekedi a convoqué, le 8 juin dernier, une réunion à la Cité de l’Union africaine. Il y a fixé les priorités d’une Taskforce spéciale, placée sous la coordination du lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik. Objectif : restaurer la fluidité de la circulation, renforcer l’ordre public et redonner aux Kinois un cadre de vie digne. Ce geste présidentiel est lourd de sens : il traduit l’aveu implicite de l’échec du gouverneur Bumba, incapable de répondre aux défis de la capitale.
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Gouverneur marginalisé, UDPS fragilisé
La création de cette Taskforce soulève une question brûlante : pourquoi instaurer une structure parallèle alors qu’un gouverneur et un vice-gouverneur sont censés gérer la ville ? L’ombre de l’incompétence plane. Mais l’UDPS, parti présidentiel, rechigne à destituer Daniel Bumba, son « ticket » politique, de peur d’une humiliation publique.
Ce paradoxe expose une contradiction majeure : hier, l’UDPS promettait une ville moderne et salubre ; aujourd’hui, son propre gouverneur incarne l’échec. La cohabitation forcée entre Bumba et Kabwik risque d’ouvrir une guerre froide institutionnelle, révélant au grand jour les fractures internes du pouvoir.
Et si Kabwik réussissait ?
Si le lieutenant-général Kasongo Kabwik parvenait à redresser Kinshasa, à fluidifier la circulation et à restaurer l’ordre public, le sort de Daniel Bumba et de son vice-gouverneur Eddy Iyeli serait scellé. Leur mandat apparaîtrait comme une parenthèse ratée, un symbole d’impuissance politique. Dans l’opinion publique, ils seraient relégués au rang de figurants, incapables d’assumer leurs responsabilités.
Politiquement, l’UDPS serait contrainte de les maintenir par calcul partisan, mais leur crédibilité serait définitivement entamée. En clair, le succès de Kabwik signerait l’effacement de Bumba et Iyeli, réduits à des spectateurs d’une gouvernance parallèle qui les dépasse.
Voldy Matiafu
