Crise en RDC : Devant le congrès américain, Kigali reconnaît sa collaboration avec le M23

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Un tournant diplomatique s’est produit ce vendredi 23 janvier 2026 à Washington. Devant les élus américains, l’ambassadrice du Rwanda aux États-Unis a admis l’existence d’une coordination sécuritaire entre Kigali et la rébellion de l’AFC/M23 active dans l’est de la République démocratique du Congo. Cette déclaration, faite lors d’une audition officielle au Congrès, met fin aux années de refus rwandais face aux accusations de soutien militaire aux rebelles que la RDC a souvent démontrées. Kigali justifie cette coopération par la nécessité, selon lui, de neutraliser les FDLR et de protéger les populations tutsi, évoquant la création d’une zone tampon de sécurité le long de la frontière congolaise.

Tout en reconnaissant des liens opérationnels avec l’AFC/M23, la diplomatie rwandaise s’est toutefois efforcée de tracer une ligne rouge politique. L’ambassadrice soutient que son pays n’avait aucune intention d’influencer l’avenir institutionnel de la RDC ni de favoriser un changement de régime à Kinshasa. Un discours qui contraste avec les revendications publiques du mouvement rebelle, lequel se présente comme un acteur luttant contre ce qu’il qualifie de gouvernance autoritaire de Félix Tshisekedi. Cette ambiguïté n’est pas nouvelle : Paul Kagame avait déjà exprimé une certaine compréhension à l’égard du M23 dans une interview accordée à Jeune Afrique, ce qui avait suscité des soupçons sur la nature réelle de l’implication rwandaise.

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Cet aveu intervient dans un contexte de tensions diplomatiques, alors que l’accord de paix signé à Washington peine à produire des résultats concrets sur le terrain. Les États-Unis, de plus en plus critiques, estiment que les engagements pris n’ont pas été respectés et évoquent désormais des mesures contre les acteurs jugés responsables de la poursuite des violences. En reconnaissant publiquement son rôle aux côtés de l’AFC/M23, Kigali s’expose à une pression internationale accrue, tandis que Kinshasa pourrait s’appuyer sur cette déclaration pour relancer le dossier de l’agression rwandaise dans les enceintes diplomatiques et multilatérales.

Jean Ngaviro

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