Face à l’aggravation de la crise sécuritaire en République Démocratique du Congo (RDC), Marie-Josée Ifoku, présidente du parti politique Alliance des Élites pour un Nouveau Congo (AéNC), dénonce l’inaction de la communauté internationale et appelle le Président Félix Tshisekedi à se retirer de la scène politique, à l’instar de la proposition faite à Mobutu par Étienne Tshisekedi en 1996.
Une communauté internationale insensible face aux tentatives diplomatiques de Kinshasa
Dans une déclaration parvenue à Netic-News, Marie-Josée Ifoku s’indigne du silence de la communauté internationale face aux multiples démarches diplomatiques entreprises par le régime de Félix Tshisekedi.
Accédez aux informations importantes avant tout le monde
« Nous nous retrouvons une fois de plus à la croisée des chemins de notre histoire, alors que la guerre à l’Est de notre nation s’intensifie. L’Est du Congo est totalement déstabilisé ! Ceux qui soutiennent le Rwanda prétendent ne pas trouver d’interlocuteurs valables en RDC pour engager un dialogue constructif. Après d’innombrables tentatives diplomatiques auprès de la communauté internationale, celle-ci demeure insensible aux arguments du régime en place. »
L’ancienne candidate à la présidentielle dénonce également le rôle des puissances étrangères dans l’exploitation des ressources congolaises, citant notamment l’accord signé entre l’Union européenne et le Rwanda pour la fourniture de minerais congolais. Selon elle, cet acte constitue une atteinte aux droits de l’Homme et à la souveraineté nationale.
Un schéma de crise politique qui se répète en RDC
Marie-Josée Ifoku établit un parallèle entre la situation actuelle et les crises politiques qui ont marqué l’histoire récente de la RDC.
En 1997, toute l’opposition, avec le soutien de l’Église, s’est unie pour renverser Mobutu.
En 2018, elle s’est de nouveau ralliée à l’Église pour faire partir Joseph Kabila.
En 2025, elle se mobilise à nouveau contre Félix Tshisekedi.
« À chaque fois, c’est la même mécanique, les mêmes luttes de pouvoir, la même logique dominée par la testostérone. Mais cette fois-ci, nous refusons que l’histoire se répète ! »
Pour la présidente de l’AéNC, la crise sécuritaire actuelle ne peut être réduite à une simple agression extérieure. Selon elle, il s’agit avant tout d’un problème interne, exacerbé par la mauvaise gouvernance et l’injustice sociale.
« Il serait trop facile de n’y voir qu’une agression extérieure. La guerre à l’Est, bien que souvent attribuée à des ingérences étrangères, est avant tout un problème congolo-congolais. Comment blâmer les autres pour ce que nos propres frères politiciens nous infligent depuis des décennies à travers la mauvaise gestion de l’État et l’injuste répartition de nos richesses ? »
Des propositions radicales pour sortir de la crise
Marie-Josée Ifoku rejette l’initiative de dialogue portée par les Églises catholique et protestante, estimant qu’elle ne ferait qu’entretenir un système politique défaillant. Elle propose, en revanche, une refonte totale des institutions du pays à travers un plan en sept points :
1. Le retrait de Félix Tshisekedi de la scène politique, à l’image de ce qui avait été demandé à Mobutu en 1996. Il exercerait uniquement un rôle symbolique jusqu’aux prochaines élections.
2. La nomination d’un Premier ministre pour assurer une transition de trois ans.
3. La mise en place d’un gouvernement restreint de crise pour répondre à l’urgence sécuritaire.
4. La dissolution des institutions actuelles.
5. La création d’un Conseil des Sages, chargé de coordonner la transition.
6. La constitution d’une nouvelle Assemblée nationale, représentative des 146 territoires du pays.
7. La formation d’une commission spéciale, intégrant la société civile (femmes, jeunes, diaspora, intellectuels, artistes) afin d’assurer une mobilisation patriotique et une adhésion populaire à la transition.
Un appel à l’unité et à la prise en charge du peuple
Marie-Josée Ifoku exhorte Félix Tshisekedi à ne pas céder aux conseils de son entourage et à privilégier une sortie de crise pacifique, afin d’éviter un bain de sang.
Elle met également en garde contre la montée des tensions tribales et appelle les Congolais à la kombolisation, un concept prônant l’unité nationale et la résistance patriotique contre l’ennemi.
« Au lieu d’attendre que l’ennemi atteigne Kinshasa pour réagir, alors qu’une grande partie de notre territoire, l’Est, est déjà entre ses mains, nous avons décidé de nous prendre en charge ! »
À travers cette déclaration, Marie-Josée Ifoku s’érige en figure d’opposition radicale au régime de Félix Tshisekedi et plaide pour une rupture totale avec les pratiques politiques du passé.
Bienvenu Musoy
