Crise RDC–Rwanda et conflit israélo-iranien : deux approches face à l’agression étrangère

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La République démocratique du Congo et l’Iran sont actuellement confrontés à des menaces majeures à leur souveraineté. D’un côté, la RDC fait face à une rébellion armée appuyée par un pays voisin, le Rwanda. De l’autre, l’Iran est la cible de frappes israéliennes ayant visé ses installations nucléaires et des hauts responsables sécuritaires.

Deux contextes, deux réponses

Depuis novembre 2021, le M23, soutenu par le Rwanda selon de nombreuses sources, mène des offensives dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, s’emparant de plusieurs localités et causant des milliers de morts. Malgré des preuves accablantes, Kinshasa s’est principalement tournée vers la communauté internationale pour réclamer des sanctions contre Kigali. Mais ces appels sont restés lettre morte : ni l’ONU, ni l’Union africaine, ni les puissances occidentales n’ont pris de mesures concrètes contre le Rwanda, se contentant de condamnations verbales.

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Pendant ce temps, le M23 poursuit sa progression. Aujourd’hui, deux chefs-lieux provinciaux sont en partie sous emprise rebelle, et Kinshasa mise sur la médiation internationale – américaine et qatarie notamment – après l’échec relatif des processus de Luanda et de Nairobi. Un accord de paix semble en cours de négociation, mais de nombreux observateurs restent sceptiques quant à son efficacité sur le terrain.

À l’opposé, l’Iran, confronté à une agression militaire israélienne, a opté pour une réponse immédiate et musclée. Après les frappes israéliennes, Téhéran a riposté en visant des sites israéliens, provoquant une escalade régionale. L’Iran a même ciblé une base américaine au Qatar, forçant Washington à intervenir diplomatiquement pour appeler à un cessez-le-feu. Résultat : les hostilités ont été suspendues, sans que l’Iran ait fait appel à une quelconque médiation extérieure.

Une leçon de souveraineté à méditer ?

Certains analystes congolais estiment que la RDC pourrait tirer des enseignements de la posture iranienne. Pour eux, un État souverain se fait respecter par sa capacité à défendre ses intérêts de manière ferme, sans se reposer exclusivement sur des dénonciations ou des campagnes médiatiques.

« Nous n’avons pas vu le gouvernement iranien appeler son opposition à condamner Israël ou les États-Unis. Il n’y a pas eu de campagnes médiatiques massives. Téhéran a agi dans le cadre de ses prérogatives régaliennes, démontrant qu’un gouvernement doit savoir agir et réagir », souligne un analyste politique congolais.

Et d’ajouter :

« On ne gouverne pas seulement en se plaignant ou en accusant. Gouverner, c’est anticiper, organiser et frapper si nécessaire.»

Repenser la stratégie de défense nationale

Pour sortir durablement de la crise à l’Est, la RDC doit envisager une réponse plus structurée, fondée sur le renforcement de ses capacités internes : armée, renseignement, logistique. Compter sur l’extérieur s’est avéré inefficace jusqu’ici. Il est temps, pour Kinshasa, de revoir ses paradigmes et de prendre acte des velléités expansionnistes de Kigali avec plus de fermeté.

Charles Mapinduzi

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