Alors que la République démocratique du Congo fait face à une épidémie d’Ebola dont l’ampleur suscite de vives inquiétudes, une polémique enfle autour du traitement réservé aux professionnels de santé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le nombre réel de cas pourrait être deux à quatre fois supérieur aux chiffres communiqués par les autorités. Dans ce contexte, plusieurs médecins dénoncent leurs conditions de travail et réclament le paiement de leurs primes.
En Ituri, des agents engagés dans la riposte contre Ebola ont manifesté pour dénoncer le non-paiement de leurs rémunérations. À Kinshasa, des médecins en grève réclament également l’amélioration de leurs conditions sociales et salariales.
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La situation a pris une nouvelle dimension après la diffusion d’images montrant des éléments de la Police nationale congolaise aspergeant d’eau des médecins rassemblés devant l’Immeuble intelligent. Selon plusieurs sources, ces professionnels de santé y avaient passé la nuit pour réclamer notamment le paiement de leur prime de risque, estimée à 1,8 million de francs congolais. Ces images ont suscité de nombreuses réactions, plusieurs observateurs y voyant un traitement indigne réservé à des professionnels qui jouent un rôle essentiel dans la lutte contre l’épidémie. À l’heure où la RDC a besoin d’un personnel de santé pleinement mobilisé, cette intervention est perçue par certains comme un mauvais signal adressé aux soignants.
Réagissant à ces images, le professeur Félix Momat a vivement critiqué l’attitude des autorités congolaises : « Dans un pays ravagé par Ebola, l’État congolais a trouvé plus urgent que de payer la prime de risque de ses médecins : les asperger à la lance comme du bétail en révolte, alors même qu’ils affrontent une souche meurtrière sans vaccin ni traitement spécifique. »
L’ancien vice-ministre du Budget estime que cette scène illustre un dysfonctionnement dans la manière dont les autorités traitent les professionnels de santé en première ligne de la riposte. Les images, largement relayées sur les réseaux sociaux, continuent de susciter l’indignation, tandis que les autorités sont appelées à apporter des réponses aux revendications des médecins et à renforcer la mobilisation contre l’épidémie.
Charles Mapinduzi
