Des détenus brûlés à la prison centrale de Goma : Le M23 accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité

Populaire

Réputée pour son attrait touristique et son statut de ville la plus propre du pays, Goma n’est aujourd’hui que l’ombre d’elle-même. Depuis l’attaque menée par le M23 le dimanche 26 janvier dernier, le chef-lieu du Nord-Kivu est devenu un véritable enfer pour ses habitants.

Une ville fantôme

Depuis plusieurs jours, la vie tente tant bien que mal de reprendre à Goma. Cependant, de nombreux habitants ont fui la ville pour se réfugier ailleurs, laissant place à une affluence massive de déplacés. Les stigmates des affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles restent visibles dans plusieurs quartiers. Jusqu’au week-end dernier, ces traces étaient encore perceptibles, avant que le M23 n’impose aux habitants des travaux communautaires le samedi 1er février.

📢 Déjà +15,000 lecteurs nous font confiance
Accédez aux informations importantes avant tout le monde
👉 Rejoindre maintenant

Si certains Gomatraciens tentent de renouer avec leur quotidien, la peur persiste. L’ennemi, qui quelques heures plus tôt semait la terreur et pillait la ville, est désormais maître des lieux. Cette incertitude et l’angoisse du lendemain font de Goma une ville fantôme, où l’on redoute de vivre.

À cela s’ajoutent des coupures intempestives d’eau, d’électricité et d’internet, plongeant la population dans le noir et la désinformation. Sur le marché, les produits de première nécessité affluent, mais les liquidités sont quasi inexistantes. Le dollar américain, très recherché, expose ses détenteurs à une grande vulnérabilité. Alors que le taux officiel du franc congolais est de 2 900 FC pour un dollar, il se négocie entre 2 400 et 2 200 FC à Goma, rendant la situation encore plus critique.

Le M23 et ses crimes contre l’humanité

Le groupe armé pro-rwandais est aujourd’hui accusé d’actes relevant des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. L’assaut sur Goma a engendré un massacre de civils d’une ampleur tragique.

Des chiffres encore provisoires, avancés par les Nations unies et corroborés par les autorités congolaises, font état de 773 morts et 2 880 blessés entre le dimanche 26 et le jeudi 30 janvier. Un bilan qui pourrait encore s’alourdir, car des cadavres jonchent encore certaines rues de la ville, tandis que d’autres flottent sur le lac Kivu.

Les civils refusant d’obéir aux ordres du M23 sont systématiquement pris pour cible et exécutés.

Un incendie meurtrier à la prison de Munzenze

Dans ce contexte chaotique, des images insoutenables circulent sur les réseaux sociaux, malgré les restrictions imposées sur internet.

À la prison centrale de Munzenze, un incendie d’origine encore inconnue a calciné des centaines de détenus, selon des témoignages recueillis sur place. Avant l’occupation de la ville par les troupes rwandaises, l’établissement pénitentiaire comptait plus de 4 400 détenus. Aujourd’hui, il est désert. Si certains prisonniers ont réussi à s’échapper, d’autres ont péri dans les flammes.

D’après des sources locales, la majorité des victimes seraient des femmes, des enfants, des malades ou encore des prisonniers morts étouffés dans la panique provoquée par l’irruption des assaillants.

Un ancien député de Goma a déploré que parmi les détenus calcinés figurent des personnes impliquées dans l’affaire Wazalendo, du nom de cette secte dont plusieurs fidèles avaient été exécutés par la Garde républicaine le 30 août 2023.

Face à cette tragédie, les appels à une intervention urgente se multiplient. Pendant ce temps, Goma, autrefois dynamique, continue de sombrer dans l’horreur et le chaos.

La Rédaction

📢 Ne partez pas sans l’essentiel !
Recevez les infos importantes en priorité

👉 Rejoindre notre communauté

Plus d'articles

Dernier article