Se tiendra, ne se tiendra pas ? Mystère. Malgré les appels récurrents en faveur d’un dialogue national en République démocratique du Congo, les signaux restent au rouge.
En dehors de quelques assurances et promesses de mise en place d’une feuille de route discutée entre les responsables catholiques, protestants et des Églises de réveil, et des représentants de la présidence de la République, il demeure difficile de prévoir si ces assises, pourtant réclamées de toutes parts, auront effectivement lieu, à quelle date et sous quel format.
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Depuis plusieurs semaines, des acteurs politiques, majoritairement issus de l’opposition, ainsi que des représentants de la société civile, plaident pour que Félix Tshisekedi accepte et convoque des pourparlers afin de juguler la crise sécuritaire, politique et socio-économique qui mine le pays.
Pourtant, malgré ces sollicitations, le chef de l’État reste ferme et peu enclin à donner son accord, à l’inverse de ses initiatives diplomatiques au Qatar, où il négocie avec le M23, l’aile la plus dure de la rébellion.
Une opposition en quête de levier politique
Pour de nombreux opposants, le dialogue apparaît non seulement comme un impératif national, mais aussi comme une opportunité politique. Face à un Félix Tshisekedi jugé menaçant et déterminé à marginaliser ses adversaires, plusieurs figures majeures – Joseph Kabila, Moïse Katumbi, Matata Ponyo, Claudel Lubaya, Franck Diongo – ont quitté le pays pour éviter les pressions du pouvoir.
Ces leaders espèrent qu’un dialogue puisse “laver le linge sale en famille” et mettre un terme à la chasse aux sorcières. Leur insistance traduit la conviction qu’aucune stabilité durable ne peut être envisagée sans un échange inclusif et sincère entre Congolais.
Vers un front commun contre le régime
En réaction à la fermeté du président, des sources proches de l’opposition évoquent la préparation d’un front commun. Une grande rencontre des leaders exilés autour de Joseph Kabila, dans un pays africain, serait à l’agenda. Objectif : accroître la pression sur Kinshasa pour l’amener à accepter le dialogue.
« Si Tshisekedi n’adhère pas à l’idée d’un dialogue national dès maintenant, il creuse sa propre tombe », prévient un proche de Katumbi, précisant qu’un cahier de charges commun sera proposé pour éviter l’éparpillement des revendications.
Affaiblie sur le plan interne et incapable de mobiliser massivement, l’opposition mise désormais sur la crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays et sur le blocage du processus de Doha pour convaincre que le régime n’aura, tôt ou tard, d’autre choix que de céder à cet appel.
Charles Mapinduzi
