La tension ne faiblit pas dans la province de l’Ituri, épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Des agents engagés dans la riposte dénoncent le non-paiement de leurs salaires et primes, allant jusqu’à barricader certains axes pour faire entendre leurs revendications. Cette mobilisation intervient alors que le virus poursuit sa propagation. Initialement circonscrite à l’Ituri, l’épidémie a déjà atteint le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uele, faisant craindre une extension plus large de la maladie.
Cette situation soulève des interrogations sur l’efficacité des moyens mobilisés pour contenir l’épidémie. Le gouvernement congolais, avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux, a annoncé d’importants financements pour soutenir la riposte, auxquels s’ajoute une récente enveloppe de 20 millions de dollars promise par Kinshasa. Pourtant, sur le terrain, de nombreux agents affirment n’avoir toujours pas perçu leurs rémunérations. Des observateurs estiment que cette situation risque de compromettre les activités essentielles de surveillance, de recherche des contacts et de prise en charge des malades.
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À titre de comparaison, l’Ouganda voisin semble progressivement maîtriser les cas enregistrés sur son territoire et pourrait prochainement déclarer la fin de son épidémie. En RDC, où l’expérience acquise lors des précédentes flambées d’Ebola laissait espérer une réponse mieux structurée, la persistance des difficultés opérationnelles et sociales alimente les inquiétudes. Face à l’évolution de la situation, de nombreuses voix appellent à une prise en charge rapide des revendications des équipes de terrain afin de préserver l’efficacité de la riposte.
Charles Mapinduzi
