Un rapport publié en 2026 par l’institut congolais Ebuteli et le programme de recherche belge Refract tente d’expliquer pourquoi les violences persistent dans l’est de la République démocratique du Congo, en dépit des nombreuses initiatives de paix engagées ces dernières années. Les chercheurs estiment que les conflits dans cette partie du pays ne peuvent être réduits à une cause unique. Selon eux, la guerre résulte d’un enchevêtrement de facteurs : rivalités politiques, tensions intercommunautaires, intérêts économiques liés notamment aux ressources naturelles, ainsi qu’un lourd héritage historique de conflits mal résolus.
Le rapport prend l’exemple de la province de Ituri pour illustrer la complexité de la situation. Cette région a été le théâtre d’une guerre particulièrement meurtrière entre 1999 et 2005, impliquant des groupes armés locaux ainsi que les armées de Ouganda et du Rwanda. Après une période d’accalmie relative, les violences ont resurgi avec l’émergence du groupe armé CODECO, dans un contexte où les tensions communautaires n’avaient jamais été pleinement apaisées. Pour les auteurs, cette dynamique montre que l’absence de solutions durables favorise la résurgence cyclique des conflits.
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Les chercheurs soulignent que les actions locales de paix — dialogues communautaires, campagnes de sensibilisation ou projets de cohésion sociale — demeurent insuffisantes si elles ne s’inscrivent pas dans une stratégie globale. Ils appellent à une implication plus forte des autorités nationales et des pays de la région, ainsi qu’à un véritable processus politique pour résoudre durablement les crises, notamment celle liée au groupe rebelle M23. Le rapport recommande enfin de renforcer le rôle de la société civile et d’accroître la pression internationale sur les acteurs impliqués, afin d’éviter que les violences ne se répètent indéfiniment dans l’est du pays.
Charles Mapinduzi
