Les forces politiques de l’opposition à Kasumbalesa, dans le Haut-Katanga, ont exprimé leur opposition ferme à toute velléité de révision ou de changement de la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC). Dans une déclaration rendue publique ce samedi 7 décembre 2024, le Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD), Ensemble pour la République et le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) ont annoncé des manifestations de grande envergure pour contrer ce qu’ils qualifient de « tentative malicieuse ».
Une mobilisation autour de l’article 64
« Nous nous opposons à toute initiative de révision ou de changement de la Constitution. Nous projetons des activités de grande envergure et nous nous tenons aux côtés du peuple en détresse pour faire appliquer l’article 64 de notre loi fondamentale », ont déclaré les représentants de ces partis.
Selon eux, la Constitution actuelle, adoptée en 2006, a permis des avancées majeures, notamment la première alternance pacifique au sommet de l’État et la préservation de la cohésion nationale.
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Une Constitution « made in Congo »
Les opposants rappellent que la Constitution actuelle est le fruit d’un consensus congolais :
« Cette Constitution n’est pas une œuvre étrangère ni rédigée à l’étranger. Elle résulte des propositions du Parlement de transition après l’accord trouvé à Sun City en 2002, avant d’être adoptée à Kisangani. Le peuple l’a validée par référendum à 85 %. »
Ils accusent le président Félix Tshisekedi de faire preuve de mauvaise foi en tentant de convaincre la population que le changement constitutionnel serait dans son intérêt. « Le chef de l’État cherche à manipuler la notion de souveraineté nationale pour justifier une initiative qui relève exclusivement du peuple congolais », ont-ils martelé.
Un débat qui divise
Du côté de la majorité présidentielle, le débat sur la révision constitutionnelle continue de faire des remous. Si le Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba a déjà marqué son soutien à l’initiative, d’autres poids lourds de l’Union sacrée, tels que Vital Kamerhe et Modeste Bahati, n’ont pas encore pris position.
En attendant des actions concrètes
Face à cette controverse, les formations politiques de l’opposition à Kasumbalesa promettent des manifestations pacifiques pour défendre la Constitution en vigueur. L’évolution de ce bras de fer entre majorité et opposition risque de marquer un tournant décisif dans le paysage politique de la RDC à l’approche des échéances électorales.
Michée Kand
