La localité de Kibambe, située dans le quartier Ngomba Kinkusa de la commune de Ngaliema, à l’ouest de Kinshasa, est confrontée à des menaces grandissantes d’érosion. Cette entité, qui abrite environ 30 000 habitants, souffre depuis plusieurs décennies de multiples problèmes : érosions ravageuses, absence de voies d’accès adéquates au centre de l’Université pédagogique nationale (UPN) et manque d’eau potable.
Le chef de la localité, Justin Bueya, déplore la situation. Il souligne que les érosions les plus préoccupantes se situent sur les avenues Nto-Lukunga, de la Paix et Nsobe, et que plusieurs maisons ont déjà été englouties. « Toutes les correspondances adressées aux autorités compétentes sont restées lettre morte », regrette-t-il. En attendant une intervention, les habitants tentent de freiner la progression des érosions en empilant des sacs de sable pour contenir la terre.
Accédez aux informations importantes avant tout le monde
Interrogé sur les causes de cette situation, un notable local explique que l’absence d’urbanisation en est à l’origine. « Les eaux de pluie en provenance des autres quartiers, notamment Lutondo, Mai Ndombe et Bikela, provoquent les érosions », précise-t-il. La plupart des habitations n’ont pas de système de drainage durable, et la topographie en plateau de Kibambe exacerbe la vulnérabilité du site.
En termes d’infrastructures routières, Kibambe ne dispose que de l’avenue Bwadi pour les entrées et sorties. Lorsqu’un véhicule tombe en panne, la circulation devient difficile, d’autant plus que l’avenue Kinsaka, autrefois alternative, est désormais coupée en deux par une érosion. La route est également jonchée de sable, ce qui limite l’accès aux seuls véhicules tout-terrain, notamment des Land Rover anciennes, qui monopolisent les trajets et ajustent les tarifs au gré des chauffeurs.
La localité souffre également d’un accès restreint à l’eau potable. En l’absence de raccordement aux réseaux de la Regideso, une grande partie de la population dépend de forages récents ou, à défaut, de sources naturelles pour s’approvisionner en eau.
Rodriguez Kikamba
