Les personnes vivant avec handicap et victimes de la guerre de six jours ayant opposé les armées rwandaise et ougandaise à Kisangani en juin 2000 ont exprimé, dimanche 09 novembre 2025, leur indignation face à des pratiques de corruption et de raquette qu’ils attribuent à certains agents du Fonds pour la réparation et l’indemnisation des victimes de l’agression ougandaise (Frivao).
Reçues par le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, en séjour officiel dans la province de la Tshopo, ces victimes ont dénoncé des actes qu’elles qualifient « d’indécents », entravant leur accès légitime à l’indemnisation promise par le gouvernement congolais.
Accédez aux informations importantes avant tout le monde
« Nous sommes venus voir le ministre pour lui montrer une situation indécente qui se passe ici à la Tshopo avec le Frivao. Nous sommes victimes de la guerre mais jusqu’à présent nous ne sommes pas indemnisés. Au Frivao, les agents nous demandent 500 dollars américains pour nous enregistrer sur les listes des victimes à indemniser. Et si tu n’as pas cet argent, ils te proposent de mettre ton nom sur la liste, mais exigent de partager la moitié de ton indemnité », a déclaré Moïse Ndawele, amputé de la jambe droite à la suite de ce conflit meurtrier.
Selon M. Ndawele, le ministre Guillaume Ngefa aurait prêté une oreille attentive à leurs doléances, promettant d’en référer au Conseil des ministres.
La guerre de six jours, survenue du 5 au 10 juin 2000 à Kisangani, a opposé les forces rwandaises et ougandaises, faisant des milliers de morts et de blessés parmi les civils. Vingt-cinq ans plus tard, plusieurs survivants vivent encore dans des conditions précaires, en attendant la concrétisation effective des promesses de réparation.
Fabrice Kabamba
