« J’ai frôlé le pire » : Ados Ndombasi revient sur les violences du 12 juin
Le président du parti politique Alternative 2028, ancien député national et cadre de la coalition C64, Ados Ndombasi, a accordé une interview exclusive à la rédaction de Netic News ce mardi 16 juin à Kinshasa. Au cours de cet entretien, l’opposant est revenu sur la répression du récent sit-in de l’opposition ainsi que sur les prochaines actions envisagées par la coalition C64 pour s’opposer à toute modification de la Constitution.
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Le 12 juin dernier, les forces de sécurité avaient dispersé la manifestation organisée par la coalition C64 à proximité du Palais du Peuple. Plusieurs figures de l’opposition, dont Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et Ados Ndombasi, avaient été blessées lors de cette intervention musclée. Des images largement relayées sur les réseaux sociaux ont montré des scènes d’affrontements, des blessés ainsi que des arrestations.
« Je dis d’abord merci à mon Dieu qui m’a protégé lors de cet incident qui m’est arrivé le 12 juin dernier pendant notre sit-in sur le boulevard Triomphal où j’ai reçu une bombe explosive à mon pied droit. La situation était très dramatique, car j’ai eu deux fractures au talon et à la cheville », a-t-il déclaré.
L’opposant affirme également souffrir d’une importante brûlure à l’avant-pied et devoir observer une période d’inactivité de deux mois.
Alpha Condé comme avertissement : « Le pouvoir ne doit pas conduire à l’aveuglement »


Profitant de cette interview, Ados Ndombasi a adressé un message direct au président Félix Tshisekedi. Selon lui, l’histoire récente du continent africain démontre que la volonté de s’accrocher au pouvoir peut produire des conséquences imprévisibles. Il cite notamment le cas de l’ancien président guinéen Alpha Condé, renversé en septembre 2021 après avoir fait adopter une nouvelle Constitution à travers un référendum controversé lui permettant de briguer un troisième mandat. Cette initiative avait provoqué une forte contestation populaire, alimenté des tensions politiques persistantes et contribué à fragiliser davantage le climat institutionnel du pays avant le coup d’État militaire qui l’a finalement écarté du pouvoir.
« La folie du pouvoir nous amène souvent dans de grandes erreurs que l’on regrette après. Mais il y a devant nous le cas d’Alpha Condé, un grand démocrate qui a voulu passer par la force et dont on connaît aujourd’hui la suite. La Constitution congolaise permet au président d’exercer deux mandats de cinq ans. Faites votre part et partez pour laisser la place à une autre personne gérer la RDC », a déclaré Ados Ndombasi. Pour lui, toute tentative de remise en cause des verrous constitutionnels risquerait d’ouvrir une crise politique majeure dans le pays.
La C64 promet d’autres actions de grande envergure
Malgré les blessures enregistrées lors du sit-in, le cadre de la coalition C64 estime que l’opposition a remporté deux importantes batailles politiques avec la journée ville morte et la manifestation du 12 juin. Il affirme que ces mobilisations ont permis de démontrer la détermination d’une partie de la population à défendre l’ordre constitutionnel face à ce qu’il qualifie de « dérive du pouvoir ».
« Faire du forcing en pensant que l’on peut imposer sa volonté au peuple est une grave erreur. La RDC possède une tradition démocratique forgée notamment autour de l’article 220 de la Constitution. Personne ne peut ignorer cette réalité », a-t-il insisté.
Ados Ndombasi annonce par ailleurs que plusieurs actions d’envergure seront organisées dans les prochains jours par la coalition C64 et au moment opportun les personnes habillées vont communiquer dans ce sens. L’objectif affiché reste le même : barrer la route à toute tentative de révision constitutionnelle et maintenir la pression sur le pouvoir en place, accusé par l’opposition de vouloir tester les limites de la résistance populaire face à un éventuel changement des règles du jeu démocratique.
Voldy Matiafu
