Lubumbashi : L’arrêt de la station sismique, cause principale d’aveuglement face aux secousses de la terre

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La ville de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga ne dispose plus d’outil opérationnel pour détecter les mouvements telluriques depuis 2015. La terre peut trembler sans que personne ne le sache, une situation préoccupante que déplore le chef des travaux Mulumba, coordonnateur adjoint de la station sismique de l’Université de Lubumbashi. Dans son interview accordée, ce mercredi 25 juin 2025 à la rédaction de Netic-News, CT Mulumba précise que cette situation est due à la détérioration du câble principal défectueux de la station, dont la réparation vaut 15 000 dollars américains.

« La station a été installée en 2009 grâce à une coopération avec le musée de Tervuren en Belgique. Elle a fonctionné de 2010 à 2015, mais depuis, un câble principal défectueux bloque tout. Sa réparation coûte environ 15 000 dollars, et rien n’a été fait depuis dix ans », explique-t-il, avant de souligner que le site dispose encore d’équipements de pointe, notamment les capteurs, GPS, les systèmes d’acquisition et de transmission de données

Pour Mulumba, l’enjeu dépasse la simple panne technique.

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« Lorsque la Terre bouge, cela crée des vibrations qu’on appelle tremblements de terre. Sans outils pour détecter les ondes P et S, nous sommes aveugles. Les bâtiments peuvent se fissurer ou s’effondrer, surtout si leur fréquence entre en résonance avec les ondes sismiques. »

Il dénonce ainsi un risque d’autant plus grand que la région est parfois secouée par des secousses venues des zones frontalières.

« Le séisme du 8 avril dernier a été ressenti à la frontière entre la RDC et la Zambie. Le tremblement, c’est ce que les gens sentent. Le séisme, lui, n’est détectable que par des capteurs. La population est donc exposée sans le savoir », a-t-il fait savoir.

Cette absence de données complique également le travail des secours. Kipinde Bruno, responsable à la Protection civile, reconnaît que les interventions sont souvent réactives plutôt que préventives :

« Sans données sismiques en temps réel, les secours arrivent souvent après les dégâts. »

Il parle de son côté d’unmanque d’anticipation que dénonce aussi la société civile, qui interpelle les autorités depuis plusieurs années sans réponse concrète.

Daniel Kibonge, ancien technicien de la station, enfonce le clou :

« Les blocages sont à la fois techniques et administratifs. On a souffert de coupures de courant, d’un manque de maintenance, et surtout de lenteurs budgétaires. »

Pour lui, seule une réhabilitation complète pourrait remettre le système en marche :

« Il faut une alimentation autonome, du personnel formé, et une vraie volonté politique. »

Cedrick Katay Kalombo

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