L’opposant Martin Fayulu, chef de file de l’ECIDE, n’a pas tardé à réagir au discours prononcé par le président Félix Tshisekedi le mercredi 11 décembre devant le Parlement réuni en congrès au Palais du Peuple. Sur son compte × (anciennement Twitter), Fayulu a vigoureusement dénoncé les propos du chef de l’État, Félix Tshesekedi appelant à une réforme constitutionnelle, affirmant que « la Constitution de la République n’entrave en rien le bon fonctionnement des institutions ».
Dans son intervention, Fayulu a critiqué le retard persistant dans la nomination d’un Premier ministre, qualifiant cette situation d’inconstitutionnelle. Citant l’article 78 de la Constitution, il a rappelé que le président de la République est tenu de nommer un Premier ministre issu de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci. « Pourquoi avoir recours à un soi-disant informateur alors que votre coalition, l’Union Sacrée, compte plus de 450 députés, comme l’a déclaré Denis Kadima, président de la CENI ? » s’interroge l’opposant.
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Un appel à la cohérence
Fayulu n’a pas hésité à critiquer ce qu’il perçoit comme une stratégie inconsistante de la part de Félix Tshisekedi. « Hier, vous évoquiez le changement de la Constitution ; aujourd’hui, vous parlez d’une réforme constitutionnelle. Cessez cette stratégie du ‘Stop and Go’. Soyons sérieux », a-t-il écrit, fustigeant un manque de clarté dans les intentions de Tshesekedi concernant les réformes institutionnelles.
Le discours de Tshisekedi, tenu devant les députés et sénateurs, avait notamment souligné la nécessité de réformer certaines dispositions constitutionnelles pour garantir un fonctionnement plus efficace des institutions. Toutefois, ses propositions ont immédiatement suscité des critiques dans l’opposition, qui accuse le président de chercher à manipuler les règles du jeu en sa faveur à l’approche des échéances électorales de 2028.
Une polémique persistante
Depuis sa réélection en décembre 2023, Félix Tshisekedi fait face à une opposition de plus en plus active, incarnée par des figures comme Martin Fayulu, qui contestent non seulement sa gouvernance, mais aussi la légitimité des institutions issues des élections de l’an dernier. Le recours à un informateur pour identifier une coalition parlementaire, dans un contexte où l’Union Sacrée dispose officiellement d’une majorité écrasante, est perçu par Fayulu comme une manœuvre politique.
Alors que le débat autour de la réforme constitutionnelle s’intensifie, les observateurs s’interrogent sur les véritables motivations du chef de l’État. Ce dernier insiste sur l’importance de ces réformes pour moderniser les institutions, tandis que ses opposants y voient une tentative de centralisation accrue du pouvoir.
Avec cette sortie musclée, Martin Fayulu réaffirme son rôle de principal opposant à Félix Tshisekedi et renforce les tensions politiques dans un climat déjà marqué par des défis économiques et sociaux majeurs. Reste à voir si ce bras de fer aboutira à un dialogue ou à une intensification des confrontations entre le pouvoir et l’opposition.
Gilbert Ngonga
