À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes chaque 8 mars, la rédaction de Netic-News décide de mettre en lumière le parcours inspirant de Samira Kimbonga, l’une des rares femmes camerawoman évoluant dans la presse sportive en RDC.
Dans un secteur largement dominé par les hommes, la jeune professionnelle s’est frayé un chemin au prix de nombreux sacrifices, résistant aux critiques, aux moqueries et aux obstacles pour faire entendre sa passion derrière la caméra.
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Netic-News : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous parler de vos débuts dans le métier ?
Samira Kimbonga : Je réponds au nom de Samira Kimbonga, je suis native de Kinshasa. Comme toute passionnée de la presse, j’ai commencé mon métier de camerawoman en 2018 à la chaîne Merj Télévision.
Une année après, en 2019, j’ai rejoint V.Club Télévision. J’ai également travaillé à la chaîne Antenne A. Au début de l’année 2020, mon parcours a pris un autre tournant : je me suis pleinement retrouvée dans la presse sportive congolaise grâce à l’encadrement de plusieurs cameramen expérimentés, dont Gauthier Ndombe qui m’a appris le cadrage d’image.
Netic-News : Comment votre carrière a-t-elle évolué dans le domaine du sport ?

Samira Kimbonga : Vers la fin de l’année 2020, j’ai intégré la grande maison de production qui diffuse le championnat national de Linafoot Ligue 1 Illicocash, notamment Chris Production. Depuis lors, j’y travaille jusqu’à ce jour. Mon parcours ne se limite pas seulement aux matchs nationaux.
J’ai également filmé plusieurs compétitions internationales, notamment les éliminatoires de la Coupe du monde de la FIFA 2022, les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2023, les éliminatoires de la CAN féminine 2024 au Maroc, les éliminatoires de la CAN U20 2024, les éliminatoires de la CAN Maroc 2025 ainsi que cette CAN. J’ai aussi couvert les éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Si Dieu nous prête vie, je serai également au Mexique pour filmer la finale des barrages intercontinentaux où la RDC est attendue au tournant.
Netic-News : Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous faites face dans ce métier ?
Samira Kimbonga : Les difficultés sont nombreuses et parfois très dures. Nous travaillons souvent pendant plusieurs heures sous un soleil intense. Il arrive aussi que des projectiles soient lancés sur l’aire de jeu, là où nous filmons. À cela s’ajoutent les insultes, les moqueries, les dénigrements et parfois le harcèlement. Mais malgré tout cela, je continue d’avancer et de rester concentrée sur mon travail.
Hormis ces difficultés sur terrain, je rencontre également les difficultés émotionnelles. Quand les Léopards de la RDC jouent et je suis suis derrière la caméra, c’est strictement interdit de célébrer un but. Par professionnalisme, je ne le fais pas, mais au fond de moi j’ai ressens une forte sensation interne.
Netic-News : Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Samira Kimbonga : Mon ambition est d’aller à l’étranger pour apprendre davantage sur ce métier. Je souhaite également travailler dans un média international afin de couvrir de grandes compétitions comme les Jeux olympiques, la Ligue des champions européenne, l’Euro ou encore la Coupe du monde. Mon objectif est de continuer à progresser et de représenter fièrement les femmes dans ce domaine.
Netic-News : Quel message adressez-vous aux jeunes filles qui hésitent encore à se lancer dans le travail ou à construire leur avenir professionnel ?

Samira Kimbonga : À toutes les filles qui traînent encore dans des bars, terrasses ou boîtes de nuit sans avoir une activité claire, je les invite à chercher un travail, peu importe le domaine. L’essentiel est d’apprendre un métier et de se rendre utile dans la société.
Le travail procure non seulement l’abondance, mais aussi l’indépendance et la dignité. Chaque jeune fille doit comprendre qu’elle peut construire son avenir par ses propres efforts et devenir un exemple pour les autres.
À travers son parcours, Samira Kimbonga incarne la détermination et la persévérance des femmes qui osent briser les barrières dans des secteurs traditionnellement masculins. Une trajectoire inspirante qui rappelle que la passion et le travail peuvent triompher de nombreux obstacles.
Voldy Matiafu
