Le rendez-vous tant attendu entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame à Luanda, censé désamorcer les tensions entre la RDC et le Rwanda, n’aura finalement pas lieu. Malgré les efforts du médiateur angolais João Lourenço, la rencontre tripartite prévue pour le 15 décembre a été annulée in extremis.
Des signes annonciateurs d’un échec
Bien avant le sommet annoncé, des indices laissaient présager l’absence de Paul Kagame. Tandis qu’à Kinshasa, Félix Tshisekedi confirmait son déplacement, aucune communication officielle n’était venue de Kigali. L’absence du président rwandais à Luanda semblait ainsi s’inscrire dans une logique d’escalade diplomatique, alimentée par des tensions persistantes.
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À Kinshasa, les récentes déclarations des autorités congolaises n’étaient pas de nature à apaiser la situation. Quelques jours avant la rencontre, lors d’une session à l’ONU consacrée à la sécurité en RDC, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a accusé le Rwanda de soutenir activement le M23. Ces propos, suivis des critiques virulentes de Félix Tshisekedi dans son discours sur l’état de la nation le 11 décembre, ont vraisemblablement dissuadé Paul Kagame de participer au sommet.
Un cadre de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) de Vital Kamerhe a vivement réagi :
« Le gouvernement congolais doit se montrer à la hauteur de la négociation quand il négocie et à la hauteur de la guerre quand il se bat. Provoquer avant un sommet, c’est offrir un prétexte parfait à Kagame pour esquiver la rencontre. »
Une impasse totale
Cette annulation illustre l’impasse dans laquelle se trouvent les relations entre les deux pays. Un an plus tôt, Félix Tshisekedi avait déjà rejeté l’idée d’une rencontre avec Paul Kagame. Cette fois, après avoir accepté le principe d’un sommet, c’est Kigali qui a bloqué l’initiative, rendant un nouveau rendez-vous improbable.
Depuis l’échec de Luanda, les invectives fusent de part et d’autre, annihilant les espoirs d’un dialogue apaisé. Pire encore, le Rwanda exige que Kinshasa négocie directement avec le M23, un préalable que le gouvernement congolais refuse catégoriquement, affirmant qu’il s’agit d’une « ligne rouge ».
La médiation angolaise à bout de souffle
Ces divergences irréconciliables compromettent tous les efforts de médiation angolaise. João Lourenço, qui avait pourtant réussi à réunir les parties à plusieurs reprises, se trouve désormais face à une situation bloquée.
Alors que la RDC et le Rwanda multiplient les accusations mutuelles, la possibilité d’un compromis semble s’éloigner chaque jour davantage. La rencontre de Luanda, avortée avant même de commencer, pourrait bien marquer un point de non-retour dans cette crise qui mine la région des Grands Lacs.
Charles Mapinduzi
