Le brouillage des signaux GPS est de nouveau signalé dans le Nord-Kivu, alors que la menace du M23 persiste. Depuis plusieurs semaines, les forces congolaises ont redéployé leurs avions de chasse, notamment pour pilonner les positions ennemies dans le sud du territoire de Lubero (Nord-Kivu).
Le mardi 21 janvier, un hélicoptère transportant une délégation pour une mission humanitaire a été contraint de dériver en raison de ces perturbations. L’appareil n’a pas pu atterrir à Lubero-centre et a dû faire demi-tour en direction de Musienene. Ce même phénomène a été observé dans d’autres zones, notamment à l’aéroport international de Goma et à l’aérodrome de Rughenda à Butembo, mettant ainsi en péril les vols commerciaux.
Accédez aux informations importantes avant tout le monde
Dans son rapport du 8 janvier, les Nations unies ont mis en évidence l’implication du Rwanda dans le soutien logistique au M23. Selon le document, Kigali a mis en place des systèmes de brouillage et de spoofing des signaux GPS pour perturber les actions des avions de chasse et des drones congolais, utilisés par Kinshasa pour frapper les positions rebelles.
Ces systèmes de brouillage ont été repérés à plusieurs endroits, dont la colline de Gisenyi (à 3 km de la RDC), à proximité de l’aéroport de Kamembe, près de Bukavu (Sud-Kivu), ainsi qu’à Kanyambongo, dans le territoire de Lubero, récemment pris par le M23 fin juin 2024.
L’ONU a également documenté des perturbations à Goma, Kibumba, Saké, Kitchanga (Nord-Kivu), ainsi qu’à Walikale, où un drone de la MONUSCO a perdu ses repères avant de s’écraser en raison des interférences GPS le 29 octobre dernier.
Le rapport des Nations unies a aussi révélé la présence du système Shorad à Karubi (Masisi), près de Saké. Des images analysées ont montré un modèle Norinco Type 92 Yitian TL6, un équipement militaire chinois utilisé par l’armée rwandaise.
Ces actions, menées par le M23 avec le soutien direct de Kigali, ont permis à la rébellion d’étendre son contrôle sur le territoire, renforçant son emprise sur les ressources naturelles de la région, telles que l’or et le coltan.
Charles Mapinduzi
