Vives tensions ce vendredi 13 juin 2025 à Beni, dans la province du Nord-Kivu, après l’assassinat d’un chauffeur congolais dans le quartier Paida. Le drame, survenu dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 juin, a provoqué la colère des jeunes et des chauffeurs, paralysant totalement le trafic sur l’axe routier stratégique Beni-Kasindi.
Selon des sources locales, la victime, identifiée sous le nom d’Ézéchiel, célibataire et résidant du quartier Rwangoma, a été abattue de sang-froid par un individu armé vêtu d’une tenue militaire. Le meurtre s’est produit à quelques mètres de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), alors que le chauffeur, de retour de Kasindi, passait la nuit dans son véhicule en attendant un contrôle douanier.
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D’après un témoin oculaire interrogé par netic-news.net, l’incident s’est produit alors que la victime s’était momentanément éloignée de son camion pour chercher de l’eau dans une boutique voisine.
« C’est pendant un échange de paroles que ce militaire a tiré trois fois sur lui… Oui, il portait une tenue militaire. Je me suis caché pour ne pas être aussi une victime », confie ce témoin sous anonymat.
Ézéchiel a succombé à ses blessures peu après avoir été transporté dans une structure médicale de la place.
Au matin, la colère a éclaté. Des jeunes et chauffeurs ont érigé des barricades à hauteur de Kasanga sur la route Beni-Kasindi, bloquant la circulation de plusieurs véhicules, créant ainsi une paralysie totale du trafic.
Iven Makelele, porte-parole de l’Association des Chauffeurs du Congo (ACCO) pour l’axe Beni-Kasindi, dénonce un crime odieux et exige justice :
« Pour nous, c’est une désolation totale. Comment se fait-il qu’un agent censé sécuriser la population soit justement celui mis en cause ? », s’interroge-t-il avec amertume.
Il appelle le maire policier de Beni ainsi que le gouverneur militaire présent sur place à diligenter une enquête rapide pour identifier l’auteur du crime et le traduire en justice.
Les manifestants, tant chauffeurs que passagers, réclament justice et dénoncent en outre les tracasseries constantes sur cette route commerciale. Certains passagers accusent en effet certains éléments des FARDC de se faire passer pour des taxateurs, une pratique illégale non reconnue par les autorités de Kinshasa.
Face à la montée des tensions, la population appelle les autorités sécuritaires à agir rapidement pour faire la lumière sur cet assassinat et mettre fin à l’impunité croissante dans cette région déjà marquée par des violences récurrentes.
Dieumerci Matu Chub
