Dans les zones du Nord-Kivu sous contrôle de l’AFC/M23, la rébellion est accusée d’étendre son emprise à plusieurs secteurs de la vie publique. Après avoir imposé son influence dans les domaines administratif et sécuritaire, le mouvement chercherait désormais à intervenir dans la gestion des établissements scolaires. Des informations rapportent que le M23 envisagerait de mettre en place un système parallèle de gestion des écoles, alors que l’éducation demeure une compétence de l’État congolais à travers le ministère de l’Éducation nationale.
Selon plusieurs responsables d’établissements scolaires, le mouvement rebelle aurait annoncé de nouvelles mesures relatives au fonctionnement des écoles dans les zones qu’il contrôle. Ces mesures concerneraient notamment la gestion des frais scolaires, l’impression des bulletins et la centralisation de certains documents administratifs à Goma. Des acteurs du secteur éducatif expriment leurs inquiétudes face au risque d’une rupture avec le système éducatif national. Des informations non encore confirmées évoquent également une possible remise en cause de la gratuité de l’enseignement primaire dans ces zones.
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Par ailleurs, la situation sécuritaire reste tendue dans le Grand Nord du Nord-Kivu. La société civile fait état d’un renforcement des positions du M23 dans le territoire de Lubero, avec l’arrivée de nouveaux combattants et de matériels militaires dans plusieurs localités. Elle alerte sur le risque d’une reprise des affrontements et signale une intensification des déplacements des populations. Ces mouvements de troupes alimentent les craintes d’une éventuelle progression vers des zones stratégiques, notamment les villes de Butembo et Beni, jusque-là épargnées par les attaques de la rébellion.
Jean Ngaviro
