Une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) a endeuillé la région de Beni, dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 décembre 2024. Au moins 15 civils ont été massacrés au point kilométrique 20 (PK20), sur la route Mbau-Kamango, selon des sources locales contactées par Netic-News.
Les assaillants ont également incendié une maison de passage, faisant deux morts supplémentaires. De nombreux habitants, notamment du village Kambi-ya-Miba, sont portés disparus. Ces attaques, survenues après plusieurs mois d’accalmie dans cette zone surnommée jadis « le triangle de la mort », ont provoqué des déplacements massifs de populations.
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Une sécurité encore précaire malgré les opérations conjointes
Il y a quelques jours, le porte-parole des opérations conjointes FARDC-UPDF avait assuré que le territoire de Beni était relativement épargné des incursions des ADF, les forces terroristes semblant se déplacer vers les provinces voisines d’Ituri et du territoire de Lubero (Nord-Kivu).
Cette accalmie, attribuée aux trois années d’opérations militaires menées par les armées congolaise et ougandaise, n’a pas suffi à éliminer la menace. L’attaque de PK20 remet en question l’efficacité de ces opérations et ravive les inquiétudes des populations locales.
Une menace enracinée depuis des décennies
Les ADF, présents en RDC depuis la fin des années 1980, étaient à l’origine un groupe d’opposition au régime ougandais de Yoweri Museveni. Ils se sont installés au Congo sous le régime Mobutu, où ils ont lentement tissé des liens avec les populations locales.
Cependant, en 2012, puis en octobre 2014, le groupe s’est transformé en une organisation terroriste, jurant allégeance à l’État islamique. Depuis, les ADF s’attaquent systématiquement aux civils et aux zones peu ou pas sécurisées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Un défi persistant pour les FARDC
En dépit des efforts conjoints des FARDC et de l’armée ougandaise, les ADF continuent de mener des attaques asymétriques. Ces opérations imprévisibles échappent toujours à l’emprise de l’armée congolaise, qui peine à adapter ses stratégies.
Les populations locales, déjà traumatisées, continuent de subir l’horreur de ces violences répétées, tandis que les autorités sont appelées à intensifier leurs efforts pour protéger les civils et rétablir la sécurité dans cette région meurtrie.
Charles Mapinduzi
