La révision de la Constitution, sujet de vives tensions au sein de la classe politique congolaise, était au cœur d’une conférence de presse tenue ce mardi 12 novembre à Kinshasa, sous le thème « Nouvelle République pour une nouvelle Constitution. » Animée par Mfumu Ntoto Basanga, président du parti Idéal des Patriotes, cette rencontre a permis à cet acteur politique de réaffirmer son soutien au projet du Président Félix Tshisekedi.
Dès l’entame de son discours, Mfumu Ntoto a précisé que, selon lui, les questions constitutionnelles relèvent de la politologie plutôt que du droit. Il a ainsi lancé un défi aux juristes opposés à cette révision en les invitant à un débat contradictoire sur le sujet.
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Membre de l’Union Sacrée de la Nation, Mfumu Ntoto a tenu à clarifier la position du chef de l’État, souvent mal interprétée, selon lui, comme une tentative de prolongation indéfinie de son pouvoir. « Il est interdit d’interdire aux gens de réfléchir. Le Président n’a fait que proposer aux Congolais de se réunir pour réfléchir, de manière intelligente, sur la possibilité de doter le pays d’une nouvelle Constitution qui reflète mieux nos réalités, » a-t-il expliqué. Mfumu Ntoto a rappelé que Félix Tshisekedi s’était pourtant engagé, lors d’un discours à Kisangani, à quitter le pouvoir à la fin de son mandat. « Le Président a même exprimé son souhait d’être un jour remplacé par une femme, » a-t-il ajouté.
Face aux critiques, notamment de l’Église catholique qui juge cette initiative inopportune, Mfumu Ntoto a souligné que la Constitution de la RDC consacre trois entités souveraines : le peuple, l’État et le Chef de l’État. Selon lui, seul le chef de l’État a le pouvoir d’apprécier l’opportunité d’une révision. « Quand Joseph Kabila ou Mobutu ont modifié la Constitution, cela répondait à leurs volontés politiques. Nous devons gérer nos ressources, aujourd’hui un budget de plus de 17 milliards, pour mener à bien cette révision et améliorer les conditions de vie des Congolais. »
L’initiateur de la Troisième Voie a insisté sur la nécessité pour les Congolais de réfléchir sans parti pris sur cette question. Selon lui, Félix Tshisekedi, élu au suffrage universel, a la légitimité pour proposer une nouvelle Constitution. « Le peuple étant souverain, sa Constitution ne peut pas le dominer. Tous les référendums menés depuis 1960 ont été initiés par des autorités non élues. Aujourd’hui, le Président Tshisekedi, élu par 73,38 % des Congolais, a la légitimité pour engager cette réforme, » a conclu Mfumu Ntoto.
Pendant que l’opposition continue de contester cette initiative, la priorité devrait, selon elle, être donnée aux enjeux sociaux et sécuritaires actuels. De son côté, l’UDPS, parti au pouvoir, a promis des manifestations pour soutenir le projet. Une commission sera chargée d’examiner cette question en 2025, a annoncé le Président Félix Tshisekedi.
Bienvenu Musoy
