Procès Lumbala à Paris : « Je ne veux aucun avocat. Condamnez-moi comme vous le souhaitez »

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Le procès de Roger Lumbala, ancien chef de guerre congolais accusé de complicité de crimes contre l’humanité commis entre 2002 et 2003 en République démocratique du Congo, a connu un début chaotique à Paris. À peine les audiences ouvertes, l’ex-seigneur de guerre a récusé ses avocats et rejeté la compétence de la justice française. S’emportant devant la cour d’assises, il a dénoncé une parodie de justice menée par « des magistrats et jurés qui ne connaissent rien du Congo », avant de déclarer : « Je ne veux aucun avocat. Condamnez-moi comme vous le souhaitez. »

Cette attitude radicale a provoqué un véritable suspense dans la salle. Ses avocats, dont Me Marie Dosé et Me Philippe Zeller, ont exprimé leur désarroi après avoir été publiquement écartés par leur client. Le président du tribunal a été contraint de désigner un avocat commis d’office. Pour les parties civiles, la décision de Roger Lumbala de ne plus se présenter à la barre s’apparente à un geste de lâcheté : « Les victimes attendaient ce procès depuis des années. Il refuse de leur faire face », a dénoncé Me Henri Thulliez, avocat des survivants.

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Lumbala, qui encourt la réclusion à perpétuité, avait trouvé refuge en France après avoir fui la RDC, avant d’y être interpellé en 2020. Sa contestation de la compétence française intervient alors que le parquet rappelle que la justice universelle vise à empêcher la France de devenir une terre d’asile pour les criminels de guerre. Détenu depuis près de cinq ans à la prison de la Santé, il reste incertain que l’ancien chef du RCD-N revienne siéger devant la cour avant le verdict prévu le 19 décembre.

Charles Mapinduzi

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