Procès Yav Irung : Sylvain Ekenge détaille les éléments à la base des soupçons de collusion

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La Haute Cour militaire a poursuivi, mardi 27 janvier 2026, l’examen du dossier mettant en cause le général Philémon Yav Irung, poursuivi pour des soupçons de collusion avec l’entourage du général rwandais James Kabarebe. À la barre, le général-major Sylvain Ekenge, cité comme renseignant dans cette affaire, est revenu sur une audience tenue à l’époque au cabinet de l’ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, Constant Ndima. Il a notamment évoqué des déclarations attribuées au général Peter Chirimwami, alors commandant des opérations Sokola, faisant état de révélations concernant le général Yav, ancien commandant de la troisième zone de défense des FARDC.

Dans son témoignage, le général Ekenge a rapporté une confidence que l’ex-gouverneur Constant Ndima aurait reçue du général Evariste Mwehu, elle-même attribuée au général Yav, selon laquelle : « vous donnez du succès à ces Bangala ». Toutefois, a-t-il précisé devant la Cour, aucune corrélation n’a pu être établie entre ces propos et les révélations du général Chirimwami. Revenant sur le contexte, Ekenge a expliqué que lors de son affectation à la 32ᵉ région militaire en Ituri, le général Chirimwami, venu faire ses adieux à Constant Ndima, aurait affirmé que le général Yav lui avait montré un message émanant d’un collaborateur du général James Kabarebe, indiquant que Chirimwami « détruisait leur projet ».

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Le général Philémon Yav Irung, surnommé « le Tigre », est soupçonné d’avoir entretenu des contacts avec l’entourage de James Kabarebe. Réaffecté depuis 2020 dans l’Est de la République démocratique du Congo, il dirigeait une zone stratégique couvrant le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Maniema et la Tshopo. Ce procès intervient près de trois ans après son arrestation en septembre 2022. L’affaire revêt également une dimension politique, certaines figures, dont l’ancien président Joseph Kabila, citant régulièrement le cas du général Yav pour dénoncer une prétendue marginalisation des officiers originaires du Grand Katanga sous le régime actuel. Des allégations rejetées par les FARDC qui, par la voix de leur porte-parole Sylvain Ekenge, rappellent que l’armée obéit exclusivement à la loi militaire, sans considération tribale ou régionale.

Fulgence Mavula

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