RDC – Défaite face au M23 : Tshisekedi enclenche une purge sans précédent au sein de l’armée

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Un vaste ménage est en cours dans les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), alors que le pays accumule les défaites face au M23 depuis près de quatre ans. Une fuite d’un document confidentiel de l’Inspection générale des FARDC révèle une enquête d’envergure visant une vingtaine de généraux, soupçonnés de complicité avec l’ennemi ou de détournement des fonds de guerre.

La débâcle d’une décennie

Depuis la résurgence du M23 fin 2021, l’armée congolaise est empêtrée dans un conflit meurtrier au Nord et au Sud-Kivu. Le 13 juin 2022, la cité stratégique de Bunagana, à la frontière ougandaise, tombait aux mains des rebelles, marquant le début d’une série de revers militaires.

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Contrairement aux attentes de Kinshasa, les FARDC n’ont jamais repris la moindre localité. Pire, le M23 a multiplié ses victoires, s’emparant de zones stratégiques jusqu’à Goma et Bukavu, malgré la mobilisation de moyens humains et matériels sans précédent et le soutien d’alliés étrangers (Burundi, SADC, MONUSCO, milices locales et mercenaires étrangers). La chute de Goma, symbole d’un échec collectif, reste jusqu’ici une humiliation nationale.

Les responsabilités en question

Très confiant dans ses forces armées, Félix Tshisekedi avait publiquement affirmé que Goma ne tomberait jamais. Aujourd’hui, il semble décidé à « faire la lumière » sur ce désastre militaire. Selon le rapport de l’Inspection générale, plusieurs généraux sont mis en cause, parmi lesquels Christian Tshiwewe (ex-chef d’état-major), Franck Ntumba (ex-chef de la maison militaire présidentielle), Sylvain Ekenge (ex-porte-parole de l’armée), Sikabwe Fall (ex-commandant des opérations au Kivu), Marcel Mbangu Mashita (ex-commandant de la 3e zone de défense), Constant Ndima (ancien gouverneur du Nord-Kivu) et Philémon Yav, proche de l’ex-président Joseph Kabila.

Certains, comme Yav ou Ntumba, ont déjà été arrêtés, tandis que d’autres continuent d’être auditionnés. Cette vague d’interpellations constitue la plus vaste opération de reddition de comptes dans l’armée congolaise depuis des décennies.

Entre infiltrations et détournements

Les revers militaires sont souvent attribués à des infiltrations : des officiers supérieurs soupçonnés d’être des agents doubles, facilitant l’avancée des rebelles. Parallèlement, des millions de dollars débloqués pour la logistique de guerre auraient été détournés, privant les troupes d’équipements et de ravitaillement essentiels.

Dans ce contexte, la purge initiée par Tshisekedi vise à restaurer une chaîne de commandement crédible et à mettre fin aux complicités internes qui fragilisent l’armée. Mais la question demeure : cette opération suffira-t-elle à inverser le rapport de force face au M23 ?

Charles Mapinduzi

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