À Kinshasa, l’opposant Delly Sesanga a livré, samedi 21 mars, une analyse critique de la situation des finances publiques en République démocratique du Congo, pointant du doigt les causes du retard de paiement des fonctionnaires. Selon lui, depuis la réélection du président Félix Tshisekedi en 2023, la masse salariale du secteur public a fortement augmenté, passant de 450 milliards à près de 1 000 milliards de francs congolais par mois. Une progression qui représenterait désormais entre 40 % et 50 % des recettes courantes de l’État, soit environ 5 % du produit intérieur brut.
Pour l’ancien député, cette évolution traduit une « rigidité budgétaire » croissante, limitant la capacité de manœuvre des finances publiques. Il affirme que le paiement des salaires dépend désormais en partie du recours aux bons du Trésor, autrement dit à l’endettement à court terme. Delly Sesanga attribue cette situation à une « explosion du clientélisme d’État », qu’il lie à la multiplication des nominations dans l’administration publique. Il évoque notamment la création de postes au bénéfice de proches du pouvoir ainsi que l’intégration de militants politiques à travers ordonnances, décrets et arrêtés.
Accédez aux informations importantes avant tout le monde
L’opposant soutient que ce phénomène ne se limite pas à l’administration centrale, mais s’étend également aux entreprises publiques, qu’il accuse d’être affectées par les mêmes pratiques. Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions sociales liées aux retards de paiement des agents de l’État, régulièrement dénoncés dans plusieurs provinces du pays.
Jamely Timothée Kayembe
