RDC : Le SYMCO dénonce l’ingérence du ministre de la Justice dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire

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Le Syndicat des Magistrats du Congo (SYMCO) a publié un communiqué ce 18 août, dénonçant l’ingérence croissante du nouveau ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, dans les affaires judiciaires. Ce communiqué, signé par le président du SYMCO, M. Kiwiya Kilonda, et le secrétaire général, M. Benit Mupier, appelle l’opinion publique, tant nationale qu’internationale, à prendre acte de ces manœuvres qu’ils jugent inacceptables et contraires aux principes constitutionnels.

Depuis la nomination du ministre d’État à la Justice, SYMCO observe une ingérence « intempestive et permanente » dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire. Le syndicat déplore notamment la création d’un « tribunal populaire » au sein du Palais de Justice, où le ministre se substitue au ministère public en ordonnant des arrestations publiques et en remettant en cause des décisions judiciaires déjà rendues. Cette pratique, souligne le communiqué, viole l’article 149 de la Constitution, qui interdit la création de tribunaux extraordinaires sous quelque forme que ce soit.

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En outre, le SYMCO fustige les propos « outrageants et désobligeants » du ministre d’État lors de ses interventions publiques, propos qui jettent le discrédit sur les magistrats de la République Démocratique du Congo. Selon le syndicat, ces déclarations tendent à attiser la haine contre les magistrats, les exposant à une insécurité croissante, en témoigne la recrudescence des agressions et assassinats dont ils sont victimes.

Le communiqué exprime également la consternation du syndicat face à la démarche unilatérale du ministre d’État, qui a déposé une série de textes de réformes de la justice à l’Assemblée nationale sans consultation préalable des acteurs concernés. Ces réformes, qui vont à l’encontre des recommandations des États Généraux de la Justice, pourraient, selon SYMCO, entraîner une désapprobation populaire similaire à celle rencontrée par les réformes initiées en 2021 par les députés nationaux Minaku et Sakata.

Le SYMCO appelle le ministre d’État à un dialogue franc avec les syndicats et les autres acteurs du secteur judiciaire pour trouver ensemble des solutions aux maux qui minent la justice en République Démocratique du Congo. Le syndicat exhorte également le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) et tous les magistrats à se mobiliser contre les « provocations et humiliations » du ministre d’État.

Enfin, le SYMCO sollicite l’intervention de la Première Ministre et du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire et améliorer les conditions de travail et de sécurité des magistrats, qui, selon le syndicat, « vivent dans une précarité indescriptible » et sont souvent victimes d’assassinats en raison de leur engagement pour une justice juste et équitable.

Gilbert Ngonga

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