RDC : Les huit points essentiels du Professeur John Poté pour la réussite de l’opération « Kinshasa Ezo bonga »

Populaire

Professeur d’université et ingénieur civil en génie rural, le Prof. John Poté s’intéresse de près aux stratégies de gestion durable des déchets solides urbains à Kinshasa. Selon lui, la réussite de l’opération « Kinshasa Ezo bonga » repose sur huit points clés.

Depuis trois décennies, la capitale et d’autres grandes villes de la RDC sont confrontées à des dépôts anarchiques de déchets, particulièrement dans les marchés et les quartiers populaires. Ces décharges sauvages sont à l’origine d’inondations, de pollution des cours d’eau, d’odeurs nauséabondes, et de maladies hydriques comme la diarrhée bacillaire, la fièvre typhoïde, le choléra et le paludisme, qui affectent gravement la population.

📢 Déjà +15,000 lecteurs nous font confiance
Accédez aux informations importantes avant tout le monde
👉 Rejoindre maintenant

Pour le Prof. Poté, l’initiative « Kinshasa Ezo bonga » nécessite une planification rigoureuse en matière de gestion des déchets, avec des actions à court, moyen et long terme. Faute de quoi, elle risque d’échouer, comme de précédents projets financés par l’Union Européenne tels que le Programme d’Assainissement Urbain de Kinshasa (PAUK) et le projet de Réhabilitation et d’Aménagement Urbain de Kinshasa (PARAU).

Voici les huit recommandations du Prof. Poté pour une meilleure gestion des déchets :

1. Taux de génération des déchets

Il est essentiel de calculer le taux de production des déchets (kg/habitant/jour) en tenant compte de la diversité des quartiers (haut, moyen et bas standing), des marchés et espaces publics.

2. Caractérisation différentielle des déchets

La typologie des déchets – organiques, plastiques, papiers, métaux, piles, verre, vêtements et particules fines – doit être établie pour faciliter leur valorisation et traitement (recyclage, compostage, incinération, etc.). Des analyses physico-chimiques comme la densité, le pouvoir calorifique, et l’humidité sont aussi nécessaires.

3. Estimation et optimisation des coûts

Un plan de pré-collecte, collecte, valorisation et traitement doit être évalué sur deux ans. Dans la commune de Bumbu, par exemple, les coûts s’élèvent à 9 $ par ménage et par an, soit environ 314 524 $ pour l’ensemble des 300 000 habitants.

4. Mise en décharge

Le site de décharge existant à Mpasa, construit sur du sable avec une géomembrane, est jugé inapproprié. Pour éviter la pollution des sols et des eaux, il est crucial de repenser les sites de décharge et leur gestion.

5. Sensibilisation et éducation

Une campagne de sensibilisation annuelle, estimée à 50 000 $ dans la commune de Bumbu, est essentielle pour éduquer les habitants sur la gestion des déchets.

6. Financement de l’opération

Les coûts de l’opération doivent inclure l’estimation du charroi automobile, des infrastructures, et des actions de collecte, traitement et sensibilisation. Les données doivent être régulièrement actualisées en fonction des démographies et des besoins.

7. Cadre législatif

Un cadre législatif clair est indispensable pour réglementer la gestion des déchets. Une loi sur les déchets (LGD) permettrait de définir les rôles et responsabilités des acteurs impliqués.

8. Cadre institutionnel

Il est primordial de clarifier les responsabilités de la ville, des communes, des associations, des ONGs, et des entreprises privées dans la gestion des déchets.

Le Prof. Poté rappelle que sans une organisation et une législation adéquates, « Kinshasa Ezo bonga » ne serait qu’une action de surface, sans effet durable sur le cadre de vie des Kinois.

Rodriguez Kikamba

📢 Ne partez pas sans l’essentiel !
Recevez les infos importantes en priorité

👉 Rejoindre notre communauté

Plus d'articles

Dernier article