Sommet extraordinaire de l’EAC sur la crise en RDC : Christophe Lutundula dénonce une initiative sans objet

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Réagissant à la non-participation du président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi Tshilombo, au sommet virtuel extraordinaire de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) sur la crise en RDC, organisé par le Kenya sous l’égide de son président William Ruto, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula, a qualifié cette rencontre de « sans objet ».

Selon des sources de la présidence congolaise, Félix Tshisekedi a décliné l’invitation en raison d’un agenda chargé.

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Une manœuvre en faveur de Kigali

Pour Christophe Lutundula, ce sommet ne vise qu’à légitimer la position du Rwanda dans la crise sécuritaire qui secoue l’est de la RDC. Il accuse le président kényan de partialité :

« La vérité, c’est que William Ruto, ayant constaté que la communauté internationale ne soutient plus la politique du président Paul Kagame, a pris l’initiative de ce sommet pour venir au secours de son ami et tenter de légitimer ses thèses afin de justifier son agression contre la RDC. »

Lutundula considère cette initiative comme une tentative de sauver Paul Kagame et remet en question l’impartialité de Ruto dans la gestion du conflit :

« Comment peut-il se présenter en facilitateur tout en prenant clairement position ? Il a déclaré qu’il fallait dialoguer avec le M23. Lorsqu’on lui parle de la présence avérée de l’armée rwandaise en RDC, il se réfugie derrière des considérations incohérentes, niant l’impact de cette agression. Ce sommet est sans objet. »

L’ONU confirme la présence des troupes rwandaises en RDC

Pour rappel, après l’échec d’une médiation entre la RDC et le Rwanda sous l’égide de l’Angola, le groupe armé M23, appuyé par 3 000 à 4 000 soldats rwandais selon l’ONU, a tenté de s’emparer de Goma, ville stratégique à la frontière rwandaise.

Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, tenue les 26 et 28 janvier 2025, Kinshasa a accusé Kigali de lui avoir « déclaré la guerre » en envoyant des troupes supplémentaires pour soutenir le M23, qui assiège Goma, une ville d’un million d’habitants abritant également un grand nombre de déplacés internes.

Quelques heures plus tôt, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui jusque-là s’était montré prudent dans ses déclarations, a fermement appelé « les Forces rwandaises de défense à cesser de soutenir le M23 et à se retirer du territoire de la RDC ».

Rodriguez Kikamba

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