Le parc présidentiel de la N’Sele, situé à quelques kilomètres de l’aéroport international de N’djili, fait face à une spoliation massive. Plus de 90 % de cet espace, considéré comme un patrimoine privé de l’État, a été illégalement accaparé par des autorités coutumières, politiques, militaires et administratives. Ces dernières affirment que ces terres auraient été accordées à l’ancien président Mobutu par leurs ancêtres.
Ce constat alarmant a été dressé par la ministre d’État chargée de l’Environnement, Eve Bazaiba, lors d’une visite sur le site le samedi 7 décembre.
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Récupération des terres : une priorité présidentielle
La ministre a rappelé que le chef de l’État a instruit son gouvernement à récupérer l’ensemble de ces espaces spoliés, sans indemnisation pour les contrevenants. Une collaboration entre les ministères de la Justice, de la Défense et de l’Intérieur est en cours pour assurer la mise en œuvre de ces instructions.
« Personne n’est au-dessus de la loi. Le patrimoine privé de l’État doit être reconstitué », a déclaré Eve Bazaiba.
Reforestation et lutte contre la pollution
En réponse à la dégradation de ces espaces, plus de 100 000 plantules d’arbres seront plantées par le ministère de l’Environnement via sa direction de l’Horticulture. Ces arbres, comprenant des espèces fruitières, sauvages et exotiques, contribueront à reboiser le site, absorber la pollution atmosphérique de Kinshasa, et prévenir les graves inondations dans plusieurs quartiers de la capitale.
Céline Pembele, directrice du département de l’Horticulture, a salué l’engagement de la ministre et du Fonds forestier national (FFN) dans ce projet écologique.
Délimitation et sécurisation du parc
Le Fonds forestier national a été chargé d’installer des panneaux de signalisation pour marquer les limites du parc et de procéder à la construction d’une clôture. Selon Honoré Mulumba Kalala, directeur général du FFN, ces mesures visent à protéger chaque centimètre de cet espace contre de futures spoliations.
« Nous nous engageons à planter des arbres chaque jour jusqu’à ce que cette réserve soit visiblement reboisée et sécurisée », a-t-il affirmé.
Un patrimoine écologique en danger
Le parc de la N’Sele joue un rôle écologique vital pour Kinshasa. Il agit comme un bouclier naturel contre les inondations grâce à la dense forêt qui régule les eaux du fleuve Congo. La déforestation de ce site pourrait provoquer une catastrophe naturelle, avertissent les experts.
Malgré sa vocation de site touristique et sa garde par des militaires et policiers, le parc souffre depuis plusieurs années de négligence et de mépris des lois sur la conservation de la nature en RDC.
La ministre Eve Bazaiba a réitéré la détermination du gouvernement à mettre fin à cette situation, en conformité avec la vision du chef de l’État de promouvoir un environnement sain pour tous les Congolais.
Rodriguez Kikamba
