Cela fait bientôt un an que les autorités de la République Démocratique du Congo ont interdit les activités non sportives au sein des stades des Martyrs et Tata Raphaël. Une décision prise à la suite du drame survenu lors du concert de l’artiste gospel Mike Kalambay, le 27 juillet 2024, qui s’était soldé par la mort de neuf personnes et plusieurs blessés, selon un rapport du ministère de la Santé.
Soucieuse de préserver la vie humaine, jugée sacrée, la mesure avait été annoncée par le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, dans l’objectif d’ouvrir des enquêtes approfondies sur les circonstances du drame. Depuis lors, ces enceintes sportives demeurent fermées aux événements culturels et concerts, sans qu’aucune communication officielle n’ait été faite sur une possible levée — ou reconduction — de l’interdiction.
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Entre incertitudes et silence administratif, la frustration s’est installée dans le milieu artistique congolais. Plusieurs artistes avaient programmé des prestations dans ces lieux emblématiques, mais leurs projets sont restés lettre morte.
Parmi eux, Fabregas le Métis Noir, dont le concert prévu le 12 juillet 2025 au stade des Martyrs a été annulé. D’autres figures de la scène musicale congolaise comme Fally Ipupa (prévu les 10 et 11 août 2024), Gaz Mawete ou encore Gally Garvey au stade Tata Raphaël ont vu leurs ambitions bloquées par la même mesure.
Cette situation suscite de plus en plus d’interrogations au sein de l’opinion publique : jusqu’à quand cette interdiction durera-t-elle ? Le gouvernement envisage-t-il une réouverture avec des conditions de sécurité renforcées ou une réglementation plus stricte de l’organisation des concerts dans ces stades ? Ou alors cette fermeture est-elle appelée à devenir définitive, au détriment de l’industrie musicale congolaise ?
Tant que le gouvernement central ne clarifie pas sa position, les grandes scènes de Kinshasa resteront silencieuses — et avec elles, les voix de toute une génération d’artistes en quête de communion avec leur public.
Voldy Matiafu
