Surveillance des prix : La mission gouvernementale relance le débat sur la production locale

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Le ministère de l’Économie nationale a lancé, début août, une mission de surveillance de quinze jours dans les supermarchés du pays afin d’examiner les prix des produits importés. Cette initiative intervient dans un contexte de forte inflation, marquée par la cherté des produits de première nécessité, jugés inaccessibles pour une large partie de la population congolaise. Le gouvernement souhaite ainsi vérifier les marges appliquées par les importateurs et distributeurs, dans l’espoir d’identifier d’éventuels abus et de rassurer l’opinion publique.

Mais cette démarche ne fait pas l’unanimité. L’homme d’affaires et ancien candidat à la présidentielle, Seth Kikuni, a réagi publiquement en décortiquant les mécanismes de formation des prix, à travers l’exemple d’un jus importé vendu à 64 500 FC à Kinshasa. Selon lui, une fois le prix d’achat à l’étranger, le fret, les droits de douane, les loyers, les salaires et autres charges pris en compte, le prix de vente final devient explicable, voire justifié. Il estime que la critique devrait porter non pas sur le prix en tant que tel, mais sur les causes structurelles qui obligent le pays à importer ce type de produit.

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Seth Kikuni appelle ainsi à un changement de paradigme. Il invite les Congolais à exiger des politiques industrielles concrètes, à favoriser la production locale et à poser les vraies questions : pourquoi la RDC ne fabrique-t-elle pas ce qu’elle consomme ? Pourquoi l’industrialisation est-elle toujours bloquée depuis six décennies ? Pour lui, l’urgence est moins dans le contrôle ponctuel des prix que dans la relance d’une économie productive et souveraine.

Guyvanant Misenge

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