Travaux à l’arrêt au barrage de Kakobola : les voix s’élèvent dans le Kwilu

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Les habitants de la province de Kwilu dénoncent la lenteur dans l’achèvement des travaux du barrage de Kakobola, situé dans le territoire de Gungu. Ce projet, lancé en 2011 dans le cadre de la coopération indo-congolaise, devait fournir une capacité électrique de 10,5 MW pour alimenter Kikwit, Gungu, et Idiofa. Cependant, plus de 13 ans après son démarrage, les travaux peinent à aboutir.

Un projet essentiel en suspens

Le barrage de Kakobola, construit par l’entreprise indienne Angélique Internationale, est le premier de la province depuis l’époque coloniale. Aujourd’hui, les travaux en cours se concentrent sur la construction des lignes de transport, ainsi que l’installation des réseaux de moyenne tension et des connexions domestiques. Mais ces efforts restent insuffisants pour répondre aux attentes des populations locales.

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La population de Kwilu dans le désarroi

Privées d’électricité depuis des décennies, les populations de Kikwit, Gungu et Idiofa espéraient que ce projet mettrait fin à leur calvaire. « La lumière reste un rêve inaccessible », déplorent plusieurs habitants. Outre le développement économique attendu, l’électrification est perçue comme un moyen de lutter contre l’insécurité et de stimuler l’implantation d’usines locales, un secteur inexistant dans la région.

La seule grande entreprise qui a marqué l’histoire industrielle de Kikwit était les Plantations et Huileries du Congo (PHC), une société fondée en 1911 pour l’exploitation de l’huile de palme. Aujourd’hui, ces infrastructures sont un lointain souvenir.

Interrogations au Parlement

Face à cette situation préoccupante, le député national Symphorien Mungala, élu de Kikwit, a adressé une question orale avec débat au ministre des Ressources hydrauliques et électricité, Teddy Lwamba.

« Nous déplorons l’arrêt inexplicable des travaux alors que la population attend ce courant depuis des années. Nous voulons comprendre ce qui freine leur exécution et quelles mesures le gouvernement entend prendre pour relancer le projet », a déclaré le parlementaire.

Des problèmes financiers en cause

Selon Joachim Kusamba, président de la Société civile de Gungu, l’arrêt des travaux est principalement dû à des problèmes financiers. Les agents de la cellule de gestion du barrage n’ont pas été payés depuis 20 mois. De plus, le barème salarial signé en mars 2023 n’est pas appliqué, et les contractants indiens réclament le paiement de leurs factures.

« La majorité des contractants indiens est retournée en Inde en attendant le règlement de leurs salaires », explique-t-il.

Un appel au gouvernement

La société civile appelle le gouvernement à débloquer les fonds nécessaires pour honorer ses engagements. « À Kikwit et Gungu, les travaux sont presque achevés, mais le lancement est retardé par un manque de charge. À Idiofa, les contractants conditionnent la reprise des travaux au paiement des arriérés », souligne Joachim Kusamba.

Malgré plusieurs tentatives de parlementaires des législatures précédentes, la mise en service du barrage reste un défi majeur. Les habitants du Kwilu, plongés dans l’obscurité, attendent désespérément des actions concrètes pour finaliser ce projet vital.

Rodriguez Kikamba

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