L’École doctorale de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC) a accueilli ce vendredi 5 juin 2026 une conférence de presse animée par le professeur David K. Pata, consacrée à la présentation de la communicométrie, une approche scientifique innovante visant à mesurer, modéliser et gouverner le sens dans les processus de communication.
Devant des doctorants, chercheurs, enseignants, le professeur Pata a exposé les fondements théoriques et méthodologiques de cette discipline qu’il présente comme une avancée majeure dans le champ des sciences de l’information et de la communication. Selon lui, la communicométrie se distingue des approches classiques en proposant des outils capables d’objectiver les phénomènes communicationnels à travers des indices et des instruments de mesure rigoureux.
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Au cours de son intervention, il a rappelé que cette démarche scientifique s’inscrit dans une logique de gouvernance du sens, permettant d’analyser les dynamiques communicationnelles au sein des organisations, des institutions publiques, des communautés et même des environnements numériques. « Mesurer le sens pour comprendre et agir » constitue d’ailleurs le principe central de cette approche développée au sein du Laboratoire de Psychologie de la Communication (LaPsyCom).
Le professeur Pata a également mis en lumière la différence entre la communicométrie et la communimétrie développée dans le domaine de la santé mentale. Alors que cette dernière vise principalement l’évaluation clinique et l’aide à la décision thérapeutique, la communicométrie s’intéresse à la mesure des processus de communication, à l’évaluation de la qualité du sens produit et à la compréhension des interactions sociales, organisationnelles et sociétales.
La conférence a permis de présenter les principales étapes de construction d’un communicomètre, instrument de mesure utilisé en communicométrie. Celles-ci comprennent la conceptualisation du phénomène étudié, l’identification d’indicateurs communicationnels, la formulation d’items de mesure ainsi que les procédures de validation scientifique fondées notamment sur les méthodes Delphi, l’alpha de Cronbach et l’analyse factorielle.
Le chercheur a également insisté sur la nécessité de normaliser les scores obtenus afin de faciliter leur interprétation. À cet effet, une échelle standard a été élaborée permettant de qualifier les performances communicationnelles selon quatre niveaux : faible, moyen, bon et excellent. Cette grille d’analyse vise à transformer les résultats statistiques en diagnostics opérationnels pouvant guider la prise de décision.
L’un des temps forts de cette rencontre a été la présentation de la communicométrie interculturelle, développée dans l’ouvrage « Communicométrie interculturelle : Mesure, modélisation et gouvernance du sens dans les interactions culturelles ». À travers l’indice de convergence-divergence (ICD), cette approche permet d’objectiver et de quantifier les écarts d’interprétation entre différentes cultures, offrant ainsi des outils d’analyse adaptés aux défis de la mondialisation et du dialogue interculturel.
Pour le professeur David K. Pata, la communicométrie ouvre de nouvelles perspectives de recherche et d’application dans des domaines aussi variés que la communication institutionnelle, la gouvernance publique, les organisations, les médias, l’éducation, la communication interculturelle et les systèmes numériques. Il estime que cette discipline contribue à renforcer la scientificité des sciences de la communication en leur fournissant des instruments fiables de mesure et d’évaluation.
Gilbert Ngonga
