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Prison centrale de Gungu : Déclaré mort par malnutrition, un détenu reprend vie au moment de l’inhumation

Une scène aussi choquante qu’édifiante s’est produite à la prison centrale de Gungu, dans la province du Kwilu. Un détenu, déclaré mort des suites de la malnutrition, a repris connaissance au moment même de son inhumation. Couvert d’un drap et déjà placé sur une natte pour être déposé dans la tombe, il a été retiré in extremis après avoir manifesté des signes de vie. Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des femmes lui apportant de la nourriture et l’aspergeant d’eau pour le réanimer. Au-delà de l’émotion suscitée, cet épisode met en lumière les conditions alarmantes de détention dans plusieurs prisons de la RDC.

Selon le président de la Société civile de Gungu, Joachim Kusamba, la situation des pensionnaires est devenue intenable. La prison n’aurait reçu aucune subvention du gouvernement central depuis cinq trimestres, soit une année et trois mois. Livrés à eux-mêmes, les détenus souffrent de malnutrition sévère, de déshydratation et d’un manque criant de médicaments, dans un contexte de surpopulation carcérale. « La prison de Gungu n’a pas reçu les frais de fonctionnement depuis une année et trois mois. Ils vivent un véritable calvaire et ne doivent leur survie qu’à la générosité de quelques personnes de bonne volonté », a-t-il dénoncé ce lundi 6 avril.

Le détenu concerné, en détention préventive depuis neuf mois pour abus de confiance, n’a toujours pas été jugé. Son dossier avait été fixé devant le Tribunal de paix de Gungu le 10 octobre 2025, sans qu’aucune suite judiciaire ne soit donnée à ce jour. Ce cas relance le débat sur les conditions de détention et le respect des droits fondamentaux des prisonniers en République démocratique du Congo.

Rodriguez Kikamba

Nkamba proclamée « Ville sainte » : Félix Tshisekedi annonce un statut spécial pour la cité kimbanguiste

Le président Félix Tshisekedi a marqué les esprits en officialisant, ce lundi 6 avril 2026, la reconnaissance de Nkamba comme « Ville sainte ». « Je viens de prendre une nouvelle décision : celle de donner un statut spécial à la cité de Nkamba. Elle devient désormais Ville Sainte », a-t-il déclaré depuis cette cité du Kongo Central, fief de l’Église kimbanguiste, à l’occasion des activités commémoratives dédiées au prophète Simon Kimbangu. Si la portée symbolique de cette décision est forte, ses implications concrètes restent, pour l’heure, non précisées par les autorités.

La journée a été marquée par une importante mobilisation des fidèles venus de différents horizons pour honorer la mémoire du fondateur du kimbanguisme. Dans cette cité considérée comme un haut lieu spirituel et surnommée « Nouvelle Jérusalem », chants, prières et démonstrations de foi ont rythmé les célébrations du 105ᵉ anniversaire de l’Église. Les couleurs vert et blanc, portées par les participants, ont symbolisé l’espérance et la victoire associées à ce mouvement religieux profondément enraciné dans l’histoire nationale.

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités politiques, dont la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, témoignant de l’importance accordée à cet événement. Toutefois, en l’absence de précisions sur le contenu exact du « statut spécial » annoncé, des interrogations subsistent quant aux retombées administratives et institutionnelles de cette décision, susceptible de redéfinir le rôle de Nkamba sur les plans national et spirituel.

Cedrick Katay Kalombo

À Kinshasa, Didier Budimbu exprime son émotion après la qualification des Léopards

À la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, la cérémonie marquant la qualification historique des Léopards au Mondial 2026 a pris une tournure particulièrement émotive dimanche, en présence du président Félix Tshisekedi. Dans une ambiance mêlant fierté nationale et reconnaissance institutionnelle, le ministre des Sports Didier Budimbu a été submergé par l’émotion, laissant couler ses larmes devant l’assistance.

Prenant la parole, Didier Budimbu a expliqué vouloir « s’exprimer avec son cœur », lui qui est né après la première qualification de la RDC à la Coupe du monde en 1974. Il a salué un moment qu’il n’aurait « jamais imaginé vivre », tout en mettant en avant l’implication de plusieurs membres du gouvernement dans le parcours des Léopards, traduisant une mobilisation collective derrière cette performance historique.

Cinquante-deux ans après l’épopée de 1974, la RDC renoue ainsi avec la scène mondiale du football, dans un élan de fierté nationale. Ce retour historique dépasse le cadre sportif pour devenir un symbole d’unité et d’espoir.

Fulgence Mavula

Diplomatie congolaise : Quand les représentants de l’État sombrent dans la précarité

Alors que la République démocratique du Congo ambitionne de renforcer son image sur la scène internationale, notamment à travers sa présence au Conseil de sécurité, une réalité troublante se dessine loin des discours officiels : celle d’une diplomatie en souffrance, fragilisée par une précarité devenue structurelle.

Nous sommes en avril 2026. Quatre mois après le début de l’année, de nombreux diplomates congolais en poste à l’étranger n’ont toujours pas perçu le paiement de leurs loyers. Une situation incompréhensible quand on sait que, selon les pratiques administratives, les loyers de l’année en cours devraient être versés au plus tard en novembre de l’année précédente. En clair, les loyers de 2026 auraient dû être disponibles depuis novembre 2025. Mais sur le terrain, c’est le silence… et la débrouille.

Pendant ce temps, les enveloppes allouées, comprises entre 16 et 20 millions, peinent à être décaissées, freinées par une succession de contrôles administratifs. Chaque semaine apporte son lot de nouvelles exigences, retardant davantage des paiements pourtant essentiels. Une lourdeur bureaucratique qui contraste violemment avec la facilité avec laquelle des fonds sont mobilisés pour des activités protocolaires ou festives.

Mais au-delà du logement, une autre réalité, encore plus alarmante, interpelle : l’absence totale de couverture médicale pour les diplomates congolais en poste à l’étranger. En cas de maladie, chacun est livré à lui-même. Une simple urgence hospitalière peut coûter des milliers de dollars, comme en témoigne ce cas où une demi-journée aux urgences s’est soldée par une facture de 1 500 dollars — une somme insoutenable pour des agents déjà en difficulté.

Les conséquences sont dramatiques. Certains diplomates, faute de moyens, renoncent à se soigner. D’autres décèdent dans des conditions précaires, laissant derrière eux des familles démunies, incapables même de rapatrier les corps. Une tragédie silencieuse, indigne d’un État qui se veut respectueux de ses représentants.

Face à cette précarité, beaucoup sont contraints de chercher des revenus parallèles pour survivre : petits boulots, activités informelles… et parfois dérives plus graves. Certains ont été arrêtés pour trafic de drogue ou impliqués dans des activités illégales, non par choix, mais par nécessité. Une conséquence directe du manque de prise en charge et d’un abandon progressif de la part des autorités.

À cela s’ajoutent des dysfonctionnements logistiques criants. Dans plusieurs ambassades, des véhicules qui devaient être livrés par la société SADA MOTORS, appartenant au frère d’un ancien ministre des Finances, n’ont toujours pas été réceptionnés depuis près de trois ans, alors même que les paiements auraient été effectués en totalité. Un symbole supplémentaire d’une gestion défaillante, où les engagements pris ne sont pas respectés, au détriment du bon fonctionnement des missions diplomatiques.

Pendant ce temps, les ministres se succèdent sans que la situation ne change en profondeur. L’actuelle ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, malgré son activisme sur certains dossiers stratégiques, notamment régionaux, n’a pas encore réussi à rompre avec cette spirale. Comme ses prédécesseurs, elle se heurte — ou se limite — à un système dans lequel la vie et les conditions de travail des diplomates restent reléguées au second plan.

Dès lors, une question s’impose : quelle image la RDC veut-elle réellement projeter à l’international lorsque ceux qui la représentent vivent dans une telle précarité ?

Car au-delà des ambitions diplomatiques et des discours de souveraineté, il existe une exigence simple : celle de la dignité. Et aujourd’hui, pour de nombreux diplomates congolais, cette dignité est mise à rude épreuve.

RDC : Delly Sesanga s’oppose à l’accueil de migrants expulsés des États-Unis

Le parti d’opposition ENVOL de Delly Sesanga a vivement réagi ce lundi 6 avril à la confirmation par le gouvernement congolais d’un dispositif visant à accueillir, sur le territoire national, des ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis. Dans une déclaration rendue publique , la formation politique fustige une décision qu’elle considère comme révélatrice d’un renoncement de l’État à ses prérogatives souveraines. Pour ENVOL, loin d’apporter des clarifications, la communication officielle traduit plutôt un malaise et soulève de nombreuses interrogations sur les véritables contours de cet engagement.

S’appuyant sur le contexte sécuritaire et humanitaire du pays, le parti estime que la RDC ne dispose ni des capacités institutionnelles ni des infrastructures nécessaires pour gérer un tel dispositif. Il évoque notamment la situation des millions de déplacés internes, les failles du système d’identification nationale ainsi que les défis liés à la justice et à la sécurité. ENVOL redoute que cette initiative, présentée comme temporaire, ne reproduise des dynamiques passées aux conséquences durables, dans un pays déjà fragilisé par plusieurs décennies de crises.

Au-delà des enjeux pratiques, la formation politique dénonce également un manque de transparence dans la prise de décision. Elle regrette l’absence de débat public et de contrôle parlementaire sur une question jugée sensible, touchant à la souveraineté, à la sécurité et à la politique migratoire. ENVOL appelle ainsi à la suspension du projet, à la publication des termes de l’accord et à l’implication des institutions nationales, estimant que l’opinion publique doit être pleinement informée des engagements pris par les autorités.

Cedrick Katay Kalombo

Équateur : 862 filles bénéficient d’une bourse d’études techniques de 2025 à 2028

Plus de 862 élèves, en majorité des filles, vont bénéficier d’une bourse d’études couvrant trois années scolaires, de 2025 à 2028, dans la province de l’Équateur. Ces bénéficiaires poursuivront gratuitement leur formation dans des filières techniques telles que l’agronomie, la foresterie et les sciences médicales. Le programme est financé par un consortium d’organisations non gouvernementales. À partir de ce lundi 6 avril 2026, les écoles concernées procéderont également au remboursement des frais scolaires déjà payés par les parents pour l’année en cours.

L’annonce a été faite le samedi 4 avril 2026 par Taureau Mbangi, président provincial de l’Association nationale des parents d’élèves et étudiants du Congo (ANAPECO). Il a salué une initiative qui vient soulager de nombreuses familles confrontées, chaque rentrée scolaire, aux difficultés de prise en charge des frais de scolarité. Au total, 43 écoles de la Grande Équateur sont concernées par ce programme, qui cible principalement les élèves de 2e, 3e et 4e années des humanités.

Selon Taureau Mbangi, cette bourse constitue un véritable « ouf de soulagement » pour les parents et un mécanisme de protection pour les jeunes filles, souvent déscolarisées au profit des garçons. Il a souligné que le maintien des filles à l’école contribue à réduire leur exposition aux violences, aux viols et aux grossesses précoces, fréquents lorsque celles-ci restent sans encadrement scolaire.

Rodriguez Kikamba

Tshopo : Une vingtaine de maisons attaquées par des hommes armés à Kisangani, deux blessés par balle

Une attaque armée a été enregistrée dans la nuit de samedi à dimanche 6 avril 2026 dans la cité Paradis, à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo. Selon un premier bilan, une vingtaine de maisons ont été ciblées par des criminels, deux jeunes garçons d’une même famille ont été blessés par balle, et une importante somme d’argent ainsi que plusieurs biens de valeur ont été emportés. Cette nouvelle incursion a semé la panique au sein de la population locale.

L’information a été livrée par Cyrille Malungba, membre de la société civile de Kisangani. D’après lui, des présumés Kuluna armés ont forcé les portes de plusieurs habitations, tirant des coups de feu en l’air pour intimider les occupants avant de procéder aux pillages. « C’est vers deux heures du matin qu’ils ont pris la fuite, après que certains jeunes du quartier ont commencé à jeter des cailloux sur les toitures pour alerter et les faire déguerpir », a-t-il expliqué.

Face à la recrudescence de l’insécurité dans cette partie de la ville, plusieurs familles ont déjà commencé à quitter le quartier, craignant de nouvelles attaques. Les habitants appellent les autorités compétentes à renforcer les dispositifs de sécurité afin de restaurer la quiétude dans cette zone régulièrement touchée par des actes de banditisme.

Rodriguez Kikamba

Kongo-Central : Un projet d’édit pour encadrer la conservation des corps et les veillées funéraires

Enterrer un proche est devenu un véritable parcours du combattant, particulièrement pour les familles démunies. De l’organisation du deuil à la conservation du corps à la morgue, en passant par la veillée mortuaire et l’inhumation, les coûts sont souvent jugés excessifs. Face à cette situation, une initiative législative vient d’être engagée au niveau provincial.

Le député provincial Jean Kimboko Ndombasi a déposé, samedi 4 avril 2026, au bureau de l’Assemblée provinciale du Kongo-Central, une proposition d’édit visant à réglementer le secteur funéraire. Le texte ambitionne de mettre fin aux abus liés à la conservation prolongée des corps dans les morgues, aux nuisances sonores lors des veillées, ainsi qu’à l’occupation anarchique des voies publiques. L’élu propose notamment de limiter à sept jours la durée de conservation des dépouilles, d’exiger une autorisation préalable pour toute veillée organisée sur la voie publique et de réduire le nombre de corps indigents abandonnés dans les morgues.

Selon Jean Kimboko Ndombasi, certaines pratiques observées aujourd’hui s’éloignent des valeurs traditionnelles. Il dénonce des veillées transformées en véritables foires, marquées par des blocages d’avenues, la diffusion de musique à volume élevé jusque tard dans la nuit, l’installation de marchés de fortune et la vente excessive d’alcool, suivies parfois de comportements déplacés. À travers cet édit, le député entend restaurer l’ordre, la dignité et le respect des défunts dans la province.

Rodriguez Kikamba

Ituri : la défense d’un lieutenant-colonel condamné à 20 ans interjette appel devant la Haute Cour militaire

Devant la Haute Cour militaire siégeant en audience foraine à Bunia, la défense d’un lieutenant-colonel des FARDC a vigoureusement remis en cause la décision rendue en première instance, dénonçant de graves irrégularités procédurales. Condamné à vingt ans de servitude pénale pour « violation de consigne », l’officier voit aujourd’hui son jugement attaqué sur plusieurs fondements juridiques jugés essentiels.

Au cœur de la plaidoirie, Me Balinda a pointé une insuffisance de motivation du jugement, estimant que le premier juge s’est limité à citer des dispositions légales sans en démontrer l’application concrète. L’avocat a également dénoncé une violation des exigences constitutionnelles, notamment en ce que la décision se fonde essentiellement sur le témoignage unique d’un officier du ministère public, sans établir de manière rigoureuse les éléments constitutifs de l’infraction. Il a en outre soulevé une atteinte au droit à la défense, rappelant que deux témoins clés cités par la défense n’avaient pas été entendus lors de l’audience de décembre 2025.

La défense a par ailleurs mis en avant le rôle opérationnel de l’officier dans la sécurisation de la localité de Nyamamba, en territoire de Djugu, face aux attaques de la milice CRP. Me Balinda a regretté l’absence d’audition de responsables militaires jugés déterminants pour la manifestation de la vérité. Estimant que ces manquements entachent la décision rendue, il a demandé à la Haute Cour militaire de casser le jugement et d’ordonner la reprise complète de l’instruction de l’affaire.

Fulgence Mavula

«Fatshi tout droit tiiii na 3» : Lamuka dénonce une politisation du retour des Léopards

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« Fatshi tout droit tiiii na 3 », c’est le slogan qui fait couler beaucoup d’encre et de salives, affiché au Palais du peuple, à l’occasion du retour, ce dimanche 05 avril, des Léopards de la République démocratique du Congo, après leur qualification à la Coupe du Monde 2026. Certains analystes estiment que le régime en place lance le message d’un troisième mandat du Président Félix Tshisekedi, dont le pouvoir doit s’arrêter en 2028, selon la Constitution.

Pour sa part, la coalition Lamuka dénonce, « La politisation de la victoire des léopards par l’UDPS » et qualifie cet acte d’une « honte et un sabotage des efforts communs du peuple.

Dans une déclaration envoyée à Netic-News, Prince Epenge, porte-parole de Lamuka, invite le parti présidentiel UDPS et l’Union sacrée, à « laisser les léopards en-dehors de vos bêtises » car le régime en place a « tué le sport, pas de Linafoot EPFKIN, pas d’académies de foot pour détecter et encadrer les pépites, tous les terrains de foot des jeunes vendus, pas de championnat scolaires, toutes les équipes de foot de la RDC sont en faillites, pas des joueurs locaux convoqués même le stade des martyrs est fermé faute d’entretien. Bilan Zéro ».

Notons que lors de cette célébration avec la population congolaise, le Chef de l’État a effectué plusieurs promesses à toute l’équipe nationale et le staff technique dont des jeeps, une somme importante d’argent et des terrains, pour encourager les léopards à mieux affronter la Coupe du Monde prévue au mois de juin.

Bienvenu Musoy