Ce mardi 7 avril 2026, le diplomate américain James Swan devient officiellement le nouveau chef de la MONUSCO et Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC, succédant à Bintou Keita. Son arrivée intervient alors que l’Est du pays reste plongé dans une grave insécurité, marquée par de nombreuses attaques de groupes armés et une situation humanitaire qui continue de se dégrader. Un changement observé avec prudence, voire méfiance, tant la mission onusienne est présente depuis 1999 sans avoir réussi à imposer une paix durable.
La MONUSCO, malgré un mandat renforcé depuis 2010 et un contingent longtemps considéré comme le plus important au monde, n’a pas réussi à neutraliser durablement les groupes armés actifs dans l’Est du pays. Le M23 avait même réussi à prendre Goma sous les yeux des Casques bleus. Au fil des années, les milices locales se sont multipliées et la population n’a cessé de critiquer l’efficacité de cette présence, certains allant jusqu’à réclamer le départ de la mission. Cette longue période d’échecs perçus a nourri une profonde méfiance envers la MONUSCO et sa capacité à protéger les civils.
Dans le cadre de son nouveau mandat, James Swan devra conjuguer diplomatie, suivi des accords de paix et appui aux opérations de stabilisation afin de tenter de redorer l’image de l’ONU dans le pays. La communauté internationale attend de la MONUSCO qu’elle soutienne les processus de cessez-le-feu, surveille les groupes armés et contribue efficacement à la protection des populations vulnérables. Mais pour beaucoup d’observateurs, le défi reste immense : après plus de 25 ans de présence sur le terrain, la mission n’a toujours pas réussi à mettre fin à la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC.
Charles Mapinduzi
