À travers un mémorandum intitulé « Cri d’alarme sur les pressions et les risques liés au partenariat imposé entre l’Ogefrem et la société PADS », des cadres et agents de cet établissement public montent au créneau et lancent un appel de détresse face aux menaces qui pèseraient actuellement sur leur institution ainsi que sur les intérêts stratégiques de l’État congolais.
Dans ce document, les pétitionnaires rappellent que l’Ogefrem est un établissement public à caractère administratif et technique, doté d’une autonomie financière. Créé par l’ordonnance n°80/256 du 12 novembre 1980, puis transformé par le décret n°09/63 du 3 décembre 2009, l’Ogefrem joue un rôle stratégique dans la régulation, le contrôle et la sécurisation de la chaîne multimodale des transports en République démocratique du Congo.
Depuis plus de vingt ans, l’Ogefrem exploite le système digitalisé FERI-FERE-AD, mécanisme de couverture et de traçabilité du fret congolais. Continuellement amélioré au fil du temps, ce système demeure aujourd’hui un outil stratégique de sécurisation des opérations du commerce extérieur et des recettes publiques.
Cependant, relèvent les agents et cadres de l’Ogefrem, un partenariat aux contours jugés nébuleux aurait été imposé entre l’établissement et la société PADS par le ministère des Transports, sous l’autorité du vice-Premier ministre, et ce malgré les nombreuses réserves techniques formulées par les experts internes de l’office.
Concernant la société PADS, plusieurs cadres et experts techniques de l’Ogefrem estiment que la solution proposée par le ministère ne présente pas encore de garanties techniques, opérationnelles et sécuritaires suffisantes pour remplacer un système stratégique éprouvé depuis plus de vingt ans.
Les tests et séances de travail organisés autour de cette plateforme auraient révélé plusieurs insuffisances techniques, notamment en matière de stabilité, d’architecture, de maturité fonctionnelle et de capacité à répondre efficacement aux exigences complexes de traçabilité du fret congolais.
Ces cadres et agents estiment également que le vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba conduirait l’Ogefrem vers une déstabilisation dangereuse à travers ce partenariat imposé avec PADS. Ils redoutent, par ailleurs, qu’à travers ce projet, l’Ogefrem soit progressivement affaibli, désorganisé et vidé de sa substance, au risque de mettre en péril le mécanisme national de contrôle et de traçabilité du fret congolais ainsi que les recettes publiques de l’État.
En somme, l’Ogefrem ne veut pas de ce partenariat car, selon de nombreux experts et techniciens de l’office, ce projet apparaîtrait comme une coquille vide ne présentant pas les garanties techniques et opérationnelles nécessaires pour gérer un outil stratégique de la République.
Les cadres techniques dénoncent notamment :
l’absence de maturité suffisante de la solution proposée ;
les insuffisances techniques constatées lors des phases de tests ;
les risques élevés de dysfonctionnement et de perte de traçabilité ;
une menace sérieuse sur les recettes de l’État ;
un risque de dépendance technologique extérieure ;
l’absence de garanties claires sur la stabilité, la souveraineté et la sécurité des données stratégiques.
Gauthier Sey