Ils sont déjà en campagne électorale avant l’échéance officielle. Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Moïse Katumbi et Denis Mukwege se livrent déjà dans une sorte de bataille avant les élections.
La guerre a commencée depuis le dépôt des candidatures de chacun d’eux qui se positionnent désormais comme des véritables rivaux avant même les présidentielles annoncées au mois de décembre prochain.
Ça ressemble à la rivalité d’un lion et d’un tigre dans la brousse. Un combat difficile à départager, mais l’un parmi eux gagne toujours.
En effet, le Président sortant Félix Tshisekedi et Denis Mukwege, deux candidats indépendants se tirent les ficelles.
Sans citer son nom, le Président Tshisekedi à au sortir de son dépôt de candidature samedi à la CENI, qualifié Mukwege de « Candidat de l’étranger ».
« Donc, ces candidats vous les reconnaîtrez à travers leur langage, ils vont vous amener des concepts venus d’ailleurs ; on a déjà entendu des notions du genre; au Congo nous n’avons pas des problèmes d’orientation sexuelle », avait martelé Tshisekedi en contrecampagne de son désormais sérieux adversaire.
La toile s’est rapidement enflammée. Des internautes pro Tshisekedi ont vite lancé une campagne contre l’homosexualité (mariage entre hommes), un concept attribué à Mukwege. Sur l’une des affiches on peut lire « Muasi soki o voter Mukwege oko tula », qui veut dire : « femme, si tu votes pour Mukwege tu resteras célibataire ».
Le Président sortant avait bien avant indiqué que son ambition de faire du Congo un pays économiquement indépendant ne plaît pas aux étrangers. Et donc, ces derniers voudront fabriquer des candidats avec l’intention de contrecarrer ses idées, précise-t-il. C’est ainsi qu’il a mis en garde la population congolaise contre ces candidats car, a-t-il ajouté, « Le peuple a toujours raison ».
Du côté de Bukavu, la réaction n’a pas tardée. Dans une vidéo devenue virale, le célèbre gynécologue rejette en bloc les accusations de Félix Tshisekedi.
Le Prix Nobel de la Paix 2018, se qualifie comme « le plus Congolais de tous » . Dans ce sens, il ne pourrait jamais être le candidat de l’étranger comme le veut Tshisekedi.
« C’est malheureux de voir des gens qui vivent en Europe, qui vivent avec des subventions de l’assistance sociale de l’Europe, qui n’ont pas d’adresse au Congo, ils ont peut-être que l’adresse de leur père, on connaît pas leur adresse physique au Congo, puissent me traiter, moi qui vis au Congo de candidat des blancs… Je suis le plus Congolais de tous », répond Mukwege à Tshisekedi.
Le Médecin directeur de l’Hôpital de Panzi à Bukavu, surnommé « Réparateur des femmes » pour son dévouement de soigner les femmes victimes des violences sexuelles, s’était à la veille du dépôt de sa candidature attaqué au régime de Félix Tshisekedi.
« Ceux qui sont attirés par le pouvoir pour le pouvoir sont dans l’Union Sacrée, et soi-disant du bon côté de leur histoire. Nous, nous sommes avec le peuple. Nous sommes du bon côté des intérêts du peuple », avait-il déclaré.
Tshisekedi n’a pas non plus épargné Moïse Katumbi. Dans ses dires, Félix Tshisekedi a qualifié Moïse Katumbi alors gouverneur du Katanga d’avoir occasionné la faillite de la société de chemin de fer du Congo SNCC.
« Il y a des gens qui veulent postuler comme Président de la République, qui ont dirigé cette province (Katanga), et qui n’ont pas été capable de faire reluire cette SNCC, au contraire ils l’ont même tué » a-t-il dit.
Déclaration qui a rencontré la réaction du Camp Katumbi qui renvoie le président Tshisekedi à revoir le fonctionnement des entreprises du portefeuille de l’État qui ne relèvent pas de la compétence du gouverneur de province.
Tshisekedi, Katumbi, Mukwege, la bataille s’annonce très disputée dans la course pour la magistrature suprême entre les trois candidats.
Agape Ntona