Les archives minières de la RDC, conservées au Musée royal de l’Afrique centrale en Belgique, suscitent aujourd’hui un débat diplomatique et scientifique. Ces millions de rapports, cartes et relevés géologiques, pour la plupart issus de l’époque coloniale, contiennent des informations précieuses sur la localisation de minerais stratégiques tels que le lithium, le cobalt, le niobium ou les terres rares. Ces ressources sont devenues essentielles pour les batteries électriques, les technologies numériques et certaines industries de défense, attisant l’intérêt des acteurs mondiaux de l’exploration minière.
Dans ce contexte, l’entreprise américaine KoBold Metals, spécialisée dans l’exploration minière assistée par intelligence artificielle, souhaite participer à la numérisation des archives pour identifier plus rapidement des gisements exploitables en RDC. La société a déjà signé un accord avec les autorités congolaises et obtenu douze permis de recherche dans les provinces du Haut-Lomami et du Tanganyika. Mais la Belgique a lancé son propre programme public de digitalisation, financé par l’Union européenne, qu’elle présente comme scientifique et non exclusif. Les autorités belges refusent d’accorder un accès privilégié à une entreprise privée étrangère, soulignant que ces archives publiques doivent rester accessibles selon les règles nationales et européennes.
La polémique a été relancée après des questions sur un éventuel refus d’accès à la RDC. Interrogé par Congo Check, le directeur du musée, Bart Ouvry, a affirmé que les archives et leurs copies sont accessibles sur demande. Il précise toutefois que l’accès aux cartes géologiques par des acteurs privés nécessite une lettre de soutien du gouvernement congolais. Aucun transfert de gestion à une société privée n’est prévu, conformément aux principes scientifiques et institutionnels. Un projet conjoint avec le Service géologique national du Congo est en cours pour numériser progressivement l’ensemble des archives d’ici 2031, avec un financement européen et un accès garanti en Belgique et en RDC.
Charles Mapinduzi
