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Tshopo : Une baleinière chargée de marchandises ravagée par un incendie au port IAT de Kisangani

Un incendie s’est déclaré mercredi 11 février 2026 au port Industrie aéronautique de transport (IAT) de Kisangani, dans la province de la Tshopo. L’information a été confirmée le même jour par Norbert Dangbi, responsable du port. Les causes exactes du sinistre demeurent inconnues. Certaines sources évoquent une fuite de carburant ayant atteint un foyer incandescent, tandis que d’autres parlent d’un court-circuit lié à un dispositif de recharge de téléphones.

La baleinière, baptisée Eden Ma famille, a été totalement consumée par les flammes. Elle était lourdement chargée de marchandises, notamment des bidons d’essence, des sacs de sel, des pneus, des ballots de friperie, des triporteurs, des motos et des câbles électriques. De nombreux passagers, parmi lesquels des femmes et des enfants, se trouvaient également à bord au moment de l’incendie, qui s’est déclaré alors que l’embarcation s’apprêtait à quitter le quai.

Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, mais les dégâts matériels sont considérables pour cette baleinière en partance pour Opala. Une enquête a été ouverte par les services spécialisés afin de déterminer l’origine exacte du sinistre et d’établir les responsabilités. Selon Norbert Dangbi, les responsables de l’embarcation ont quitté les lieux après l’incident. Les services de sécurité présents sur place ont confirmé que les investigations sont en cours.

Rodriguez Kikamba

RDC : Muhindo Nzangi lance une refondation structurelle du secteur agricole

Le gouvernement congolais enclenche une nouvelle dynamique dans le secteur agricole. Le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a réuni mercredi 11 février à Kinshasa les agents et cadres de son ministère pour présenter la nouvelle vision stratégique appelée à restructurer en profondeur l’appareil agricole national.

Selon la cellule de communication du ministère, cette réforme repose sur la cohérence des initiatives, la décentralisation des services et la modernisation des structures administratives. Le ministre a évoqué une « promesse tenue » en associant désormais l’ensemble des agents aux missions de terrain, annonçant un vaste diagnostic national destiné à évaluer le fonctionnement des services agricoles en provinces et à proposer des mesures correctives. Il a également exigé que toute initiative agricole passe dorénavant par le ministère, avec une implication prioritaire des inspecteurs provinciaux, dénonçant un déficit de coordination dans la conduite des projets.

Au cœur de cette stratégie figure la création des Centres d’appui et de production des services agricoles (CAPSA), conçus comme des pôles intégrés regroupant semences, laboratoires d’analyse des sols, unités de fertilisants, services météorologiques et ateliers de motorisation agricole. Chaque centre devra disposer de 2 000 à 3 000 hectares sécurisés légalement, avec l’implication des gouverneurs. La feuille de route privilégie quatre cultures vivrières majeures maïs, manioc, banane et haricot pour consolider la base alimentaire nationale, avant de relancer les filières pérennes telles que le café, le cacao et le palmier à huile. Un registre national des agriculteurs est en cours d’élaboration afin d’assurer une distribution équitable des intrants, tandis que les coopératives productives seront favorisées. Un mécanisme de financement pérenne est également annoncé pour garantir la viabilité des CAPSA et leur intégration aux budgets provinciaux, dans l’objectif affirmé de renforcer la souveraineté alimentaire et de professionnaliser durablement le secteur.

 

Fulgence Mavula

Kinshasa : Un bus “207” embarqué par la fourrière avec ses passagers à bord avant d’être relâché

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Jeudi 12 février, au croisement des avenues Étienne Tshisekedi (ex-Huilerie) et du Livre, un bus de transport en commun communément appelé « 207 » a été embarqué par la fourrière alors que des passagers se trouvaient encore à bord. La scène, inhabituelle, s’est déroulée sous les regards surpris des usagers et riverains présents sur les lieux.

Selon les agents de contrôle routier, le véhicule présentait des irrégularités au niveau de ses documents administratifs et techniques. Une version immédiatement contestée par le conducteur, qui a rejeté ces accusations sur place, affirmant être en règle.

L’incident a rapidement suscité l’indignation des passagers et des témoins. Face à la pression et après l’intervention des responsables des contrôleurs, la décision a finalement été revue. Le bus a été relâché quelques instants plus tard, permettant aux passagers de poursuivre leur trajet.

Ketsia Lina

Kinshasa : La ministre Raïssa Malu nomme Vital Lumbala directeur national intérimaire de la Dinacope

Vital Lumbala est le nouveau directeur national intérimaire de la Direction nationale de contrôle, de la préparation de la paie et de la maîtrise des effectifs des enseignants et du personnel administratif des établissements scolaires (Dinacope). Ancien Inspecteur principal provincial (IPP) de la province éducationnelle de la Lukunga à Kinshasa, il a été désigné par la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, pour diriger ce service stratégique du ministère.

Reconnu pour ses performances, Vital Lumbala a été désigné à plusieurs reprises meilleur IPP de la capitale. Sa nomination intervient dans un contexte particulier, marqué par la suspension à titre conservatoire de son prédécesseur, Boniface Mbaka, nommé en octobre 2024. Ce dernier est visé par des griefs de manquement aux devoirs de sa charge et d’obstruction à la mise en œuvre des politiques et décisions des pouvoirs publics, des faits jugés susceptibles de compromettre le bon fonctionnement de la Dinacope et la crédibilité du ministère.

Quelques jours avant sa suspension, Boniface Mbaka avait été interpellé manu militari par un service de sécurité dans le cadre d’enquêtes portant sur la gestion de la Dinacope. Il a par la suite été libéré, tout en restant sous surveillance. La nomination de Vital Lumbala vise ainsi à assurer la continuité et la stabilité de ce service clé chargé notamment de la gestion des effectifs et de la paie des enseignants à travers le pays.

Jérémie Ngunga Léman

Goma : La cheffe de la MONUSCO arrive après plus d’un an de suspension des vols

La cheffe de la MONUSCO est arrivée ce jeudi 12 à Goma par voie aérienne, signant un retour symbolique des vols vers la ville après une interruption prolongée de l’accès aérien depuis janvier 2025. Son atterrissage à l’aéroport de Goma marque une étape importante dans le contexte sécuritaire et diplomatique actuel dans l’est de la République démocratique du Congo.

Selon la radio Okapi qui confirme l’information, indique que cette mission fait suite à des consultations avec les autorités nationales congolaises. Elle s’inscrit dans le cadre des préparatifs destinés à soutenir le mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu, dans une région régulièrement secouée par des tensions armées.

À travers cette visite, la MONUSCO réaffirme son engagement à accompagner les efforts de stabilisation et à appuyer les initiatives visant à consolider la paix. La reprise de l’accès aérien pourrait également faciliter la coordination des actions humanitaires et sécuritaires en faveur des populations affectées.

Jérémie Ngunga Léman

Nord-Kivu : La Monusco en mission à Goma pour appuyer le mécanisme de vérification du cessez-le-feu

La cheffe par intérim de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), Vivian van de Perre, a effectué jeudi 12 février une visite à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre des préparatifs liés à l’appui de la mission onusienne au suivi et à la vérification du cessez-le-feu entre les forces loyalistes congolaises et le mouvement M23-AFC, soutenu par le Rwanda, selon un communiqué officiel.

D’après la Monusco, cette mission de terrain comprend « des échanges avec les interlocuteurs et parties prenantes concernés afin de faire avancer les dispositions pratiques relatives au mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu ». L’objectif est de clarifier les modalités techniques et opérationnelles devant encadrer la mise en œuvre effective de la trêve sur le terrain, dans un contexte sécuritaire toujours volatile dans l’est de la RDC. La mission a par ailleurs réaffirmé que son intervention s’effectuera « dans le cadre de son mandat défini par le Conseil de sécurité et dans le plein respect de la souveraineté de la République démocratique du Congo ».

Conformément à la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies, la Monusco est explicitement autorisée à soutenir la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent. Cet appui inclut un soutien technique et logistique à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), notamment à travers le Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (EJVM+), chargé de superviser et d’attester du respect des engagements sécuritaires pris par les parties en conflit.

Fulgence Mavula

Kasaï central : Jean Pierre Bemba inspecte les travaux de construction de la nouvelle aérogare de Lungandu

En escale à Kananga le mercredi 11 février 2026, le Vice-Premier ministre en charge des Transports et Voies de télécommunication, Jean-Pierre Bemba, a inspecté les travaux de construction de la nouvelle aérogare de l’aéroport de Lungandu.

De retour d’une mission officielle à Lubumbashi et avant de regagner Kinshasa, le chef de la délégation gouvernementale a tenu à s’enquérir personnellement de l’état d’avancement de ce chantier stratégique pour la province. À son arrivée, il a été accueilli aux pieds de l’avion par le Vice-gouverneur Job Kuyindama Kandende, assurant l’intérim du gouverneur en mission.

Conduit directement sur le site des travaux depuis le tarmac, Jean-Pierre Bemba a échangé avec les responsables de l’entreprise en charge du projet. Devant les maquettes et plans techniques, il a reçu des explications détaillées sur la configuration et les différentes phases de réalisation de la future aérogare.

À l’issue de sa visite d’inspection, le Vice-Premier ministre s’est déclaré satisfait du rythme d’exécution des travaux. Il a néanmoins exhorté les équipes à redoubler de rigueur et de professionnalisme afin de doter la province d’infrastructures aéroportuaires modernes et conformes aux standards requis.

Jamely Timothée Kayembe

Haut-Katanga : 364 cas de choléra et 12 décès enregistrés depuis octobre 2025

L’épidémie de choléra connaît une résurgence inquiétante dans la province du Haut-Katanga, où 364 cas ont été recensés depuis le mois d’octobre 2025. Selon le médecin directeur de l’Hôpital général de référence (HGR) de la Kenya, Dr Denis Kisunka, douze décès ont déjà été notifiés, dont cinq survenus en milieu hospitalier et sept au sein de la communauté. La maladie touche aussi bien les zones rurales que les milieux urbains, notamment la ville de Lubumbashi, à l’exception de la zone de santé de Kafubu, jusque-là épargnée.

Principale structure de prise en charge des malades dans la province, l’HGR de la Kenya reçoit des patients en provenance de plusieurs zones de santé affectées. Face à la progression de la maladie, les autorités provinciales ont renforcé la riposte en dotant cet établissement d’un important lot de médicaments et d’intrants médicaux destinés à améliorer la prise en charge des cas et à limiter la propagation de l’épidémie.

La remise officielle de ce don est intervenue mardi dernier, en présence de la ministre provinciale intérimaire de la Santé, Valérienne Mumba. À cette occasion, elle a appelé la population du Haut-Katanga à observer strictement les mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains à l’eau propre et au savon, afin de prévenir la contamination et freiner la propagation du choléra.

Gilbert Ngonga

Dialogue sous tension : Pourquoi la médiation CENCO–ECC divise le pouvoir et l’opposition en RDC

La question d’un dialogue intercongolais piloté par la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et l’ECC (Église du Christ au Congo) continue de susciter un vif débat en République démocratique du Congo.

Alors que plusieurs figures de l’opposition s’y accrochent comme à une condition jugée indispensable pour crédibiliser l’initiative, le pouvoir de Kinshasa, lui, insiste officiellement sur le respect des institutions de la République, affirmant que tout dialogue doit être organisé par celles-ci.

Mais, dans les milieux politiques, beaucoup estiment que les réticences du pouvoir dépassent la simple question de principe institutionnel.

Dans une analyse, l’acteur politique Kiki Kienge estime que la première inquiétude de Félix Tshisekedi serait la perte de contrôle du processus. Un dialogue dirigé par les Églises signifierait que l’agenda, la méthode de travail et les conclusions ne seraient pas entièrement maîtrisés par le pouvoir. Or, dans un contexte politique fragile, contrôler le cadre du dialogue permet d’éviter les surprises et de limiter les risques politiques. Confier la conduite des discussions à des médiateurs indépendants réduirait ainsi la marge de manœuvre de la présidence.

S’ajoute à cela la position historique de la CENCO et de l’ECC. Ces deux confessions religieuses ont, par le passé, défendu le respect strict de la Constitution et l’alternance démocratique. Elles s’étaient notamment opposées à tout glissement électoral ou à toute modification constitutionnelle susceptible de prolonger le mandat de Joseph Kabila entre 2016 et 2018. Si un dialogue national venait à aborder des réformes institutionnelles sensibles, leur influence pourrait peser lourdement et freiner certaines ambitions politiques des autorités actuelles. Cette mémoire institutionnelle expliquerait, selon certains observateurs, une certaine méfiance du camp présidentiel.

Dans un climat politique fortement polarisé, l’opposition perçoit souvent la CENCO et l’ECC comme des acteurs crédibles et relativement neutres. Une médiation forte des Églises pourrait ainsi renforcer la position des opposants, notamment ceux qui dénoncent la gouvernance actuelle. Certains analystes estiment qu’un dialogue réellement inclusif risquerait de mettre en lumière les faiblesses de la gestion du pouvoir, surtout si les discussions portent sur les causes profondes de la crise politique et sécuritaire.

Un autre élément complique l’équation : le rôle régional. Le président angolais João Lourenço, désigné médiateur dans la crise congolaise, a récemment rencontré des responsables de la CENCO et de l’ECC. Son positionnement sera déterminant. S’il soutient un rôle central des Églises, l’équilibre des forces pourrait s’en trouver modifié. En revanche, s’il privilégie un cadre plus proche de la ligne défendue par Kinshasa, le dialogue pourrait susciter des doutes au sein de l’opposition, qui redoute un processus trop influencé par les institutions alignées sur le pouvoir en place.

Au-delà de la dimension religieuse, le débat renvoie en réalité à des enjeux de contrôle politique, de crédibilité institutionnelle et de confiance entre la majorité, l’opposition et la société civile. Pour le pouvoir, accepter un dialogue dirigé par des acteurs qu’il ne contrôle pas comporte des risques. Pour d’autres, c’est précisément cette indépendance qui garantirait un processus plus crédible et inclusif.

Quoi qu’il en soit, le dialogue apparaît aujourd’hui comme un impératif dans un pays traversé par de profondes crises politiques et sécuritaires. Il devient urgent que les parties prenantes harmonisent leurs positions afin de baliser un cadre consensuel susceptible de sortir la RDC de l’impasse, plutôt que de se focaliser sur les gains politiques que chacun pourrait en tirer.

Charles Mapinduzi

Nord-Kivu : 9 patients meurent à l’hôpital de Vuhovi après des coupures d’électricité

Un drame a frappé l’Hôpital général de référence de Vuhovi, dans la chefferie des Bashu, territoire de Beni (Nord-Kivu). Entre novembre 2025 et février 2026, neuf patients ont perdu la vie, dont trois nouveau-nés, trois enfants admis en pédiatrie et trois malades placés en soins intensifs. Selon des sources hospitalières, ces décès seraient liés à des coupures brusques d’électricité ayant entraîné l’arrêt des appareils d’assistance respiratoire.

D’après plusieurs témoignages recueillis sur place, les interruptions répétées de courant auraient privé les patients d’oxygène au moment critique de leur prise en charge. L’hôpital dépend de l’électricité fournie par la société Énergie du Nord-Kivu (ENK). Un transformateur installé par cette entreprise serait tombé en panne au début du mois de novembre 2025, aggravant la situation énergétique déjà précaire de la structure sanitaire.

Contacté par la presse, le directeur des opérations de l’ENK, Anthony Clavery, rejette toutefois la responsabilité sur une panne du groupe électrogène de l’hôpital, censé servir d’alternative en cas de coupure. Il affirme que son entreprise a appuyé l’établissement en fournissant du carburant pour le générateur, précisant que plus de 1 200 litres de mazout, d’une valeur estimée à près de 2 000 dollars américains, ont été remis en trois mois. L’hôpital de Vuhovi ferait partie des structures de Butembo et Beni bénéficiant d’un raccordement gratuit à l’électricité, dans le cadre d’un appui à la prise en charge des malades. Dans la région, cependant, de nombreux usagers continuent de dénoncer la qualité des services fournis par cette société qui détient le monopole de la desserte en électricité.

Charles Mapinduzi